Dimension de Capes et d’Esprits – tome 1

  

J’ai décidé de publier ma chronique de cette anthologie au fur et à mesure de ma lecture.  J’intercalerai la lecture de ces nouvelles entre deux romans ce qui fait que ce billet risque de ne pas être terminé avant un certain temps… 

Jean d’Aillon : Le bourgeois disparu

C’est une nouvelle très bien écrite, qui nous permet de retrouver Louis Fronsac, héros récurrent des romans historiques de Jean d’Aillon.

Voilà une nouvelle qui, quoique nous apprenant beaucoup de choses sur les caractères de Mazarin et de Colbert notamment, n’a aucun élément « fantasy ».
Etant amateur des romans de Cape et d’épée, elle m’a cependant donné envie de lire les romans de Jean d’Aillon que j’ai accumulé jusqu’ici sans avoir trouvé le temps de les lire.

Léni Cèdre : Les voies du Seigneur

Lorsqu’Henri III décide de passer une nuit dans un monastère obéissant à la règle de Cluny et au Cardinal de Guise, il ne se doute pas que son passage laissera des traces profondes. Disputes et règlements de compte jalonneront la vie du monastère pendant des mois après la visite royale avant que le décès de plusieurs frères ne permette de rétablir la sérénité.

Encore une nouvelle intéressante au niveau historique mais ne correspondant pas au sous-titre de l’ouvrage : « Anthologie de Fantasy Historique » puisque ne contenant aucun élément de fantasy.

Lucie Chenu: Ayehannah

Une dryade perd son lien avec son arbre et de ce fait, son contact avec la nature.

Elle subit dès lors une métamorphose qui la transforme en femme humaine. Recueillie dans un village par une aubergiste qui croit avoir affaire à une jeune femme amnésique, elle aide celle-ci à servir les clients tout en faisant son apprentissage de la vie humaine. Remarquée par le marquis de Sajas, celui-ci lui fait la cour et finit par l’épouser. Ayant entendu parler de la belle épouse du marquis, Louis XIV invite le marquis à présenter son épouse à la cour. Ayehannah fait la conquête du Roi et devient sa favorite. Plus rapide l’ascension, plus dure sera la chute…

Une excellente nouvelle, la première de l’anthologie qui soit vraiment dans le cœur du sujet « fantasy historique ».

Nicolas Cluzeau: Dragon des mers

Un Galion spaniol sauve un jeune dragon des mers blessé avant de se voir sommer par un navire de l’empire des Francs, de leur remettre cette créature. Malgré une forte disproportion des forces en présence, le capitaine spaniol refuse de céder le dragon. S’ensuit une longue poursuite qui se terminera par un affrontement sanglant.

Cette anthologie va crescendo et Nicolas Cluzeau a placé la barre très haut, collant à la perfection au thème, notamment par le biais d’un duel très cyranien (néologisme comme aurait dit maître Capello) mais où les deux adversaires concourent au même poème. L’auteur nous présente dans ces quelques pages un univers original et très riche. Ce n’est apparemment pas la première histoire de ce cycle mais j’espère qu’il développera cette série en un ou plusieurs romans. En tout cas, il m’a donné envie de lire ses autres ouvrages.

François Darnaudet: Lame basque

Un groupe de mercenaires composés d’un minotaure, d’un géant basque, d’une sorcière grecque et d’un voleur vénitien sont capturés pendant les guerres italiennes par une troupe de soudards français. Ils sont contraints de se battre en duel par paires contre un mage et un colosse.

Une nouvelle un peu bâclée, qui tourne autour d’une idée simple. On a l’impression qu’on a vite rajouté quelques éléments mythologiques pour donner un côté « fantasy ».

Serguei Dounovetz: La main du diable

Une garnison de soldats français subit plusieurs meutres. Pendant l’enquête, on apprend que chacun de ces hommes a été assassiné suivant une méthode en rapport avec les crimes qu’il avait commis. 

Encore une nouvelle faible et bâclée à mon sens, expédiée en 6 pages et ayant un rapport au  fantastique à peine suggéré.

Pierre Efratas: La Vierge d’Englesqueville

Le Comte Henri de Pontfol se retrouve confronté à un complot contre Richelieu. il a beau fouiller le pays d’Auge, même avec les habitants de la région, impossible de trouver les spadassins qui sont mêlés au complot jusqu’au jour où…

Cette nouvelle de Pierre Efratas est bien écrite mais aurait sans doute mérité un développement plus long. L’auteur utilise par deux fois le récit à la troisième personne où un personnage raconte ce qui s’est passé, si la première paraît justifiée, j’aurais préféré que la fin du récit soit racontée par les participants eux-mêmes. De plus, il s’agit à nouveau d’un récit purement historique.

Laurent Gidon: Djeeb l’Estoqueur

 Lorsque la fille du maître d’arme de l’Académie des Arts Majeurs est enlevée, Djeeb et 3 autres élèves mettent tout en œuvre pour tenter de la délivrer. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises.

Une nouvelle intéressante dans une atmosphère un peu vénitienne (surtout pour le port des masques) mais qui est sans doute plus facile à comprendre si on a déjà lu les romans de la série.

Jess Kaan: La patte gauche d’Atropos

Où comment un aristocrate français découvre que la révolution française est l’œuvre des « puissances de l’Evocation ».

Une nouvelle âpre et violente qui ne laissera pas votre âme intacte.

David S. Khara: La Botte du Diable

 Le vicomte de Bois d’Enghien est le meilleur bretteur de France, Louis XIV se sert de lui pour faire le ménage dans la noblesse, il n’y a personne qui puisse lui tenir tête et le vicomte tue toujours ses adversaires.

Une nuit, un homme s’introduit chez le vicomte et le défie avant de le battre avec une facilité déconcertante. Dès lors, c’est le début de la descente aux enfers pour ce malheureux vicomte jusqu’à une autre nuit où un deuxième visiteur vient l’aider et le guérir de toutes les blessures que le premier lui a infligé…

Une nouvelle intéressante, bien écrite et tout à fait dans le cœur de cible.

Pierre-Luc Lafrance: Les hommes de l’ombre

Lorsqu’une épée celte réapparaît et provoque des troubles en Irlande, l’Angleterre n’a plus qu’un seul choix, envoyer les hommes de l’Ombre…

Je dois dire que cette nouvelle ne m’a pas convaincu et je pense que la situer à l’époque napoléonienne était peut-être une erreur.

Oksana et Gil Prou: L’oeil de la nuit

Florimond de Lardimalie, accompagné de cinq de ses amis mousquetaires, se lance à la poursuite des kidnappeurs de sa bien aimé. LA poursuite sera longue et se terminera dans un « ailleurs » cauchemardesque.

Cette nouvelle m’a paru être plus un exercice de style qu’autre chose, les mousquetaires ont des noms particulièrement tirés par les cheveux (exemple: Onésiphore Abzac de Ségur) que les auteurs se plaisent à répéter à chaque fois dans leur entièrté. Les auteurs utilisent aussi un vocabulaire pointu et des références artistiques qui je dois l’avouer, m’échappent complètement.

 

Comme je l’ai dit plus haut, les meilleures nouvelles de cette anthologie restent, pour moi, celles de Nicolas Cluzeau et de Lucie Chenu (dans cet ordre).  Les récits de Jess Kaan et David S. Khara sont bien écrits mais un peu sombre à mon goût. Les nouvelles de Jean D’Aillon, Léno Cèdre et Pierre Efratas, quoiqu’excellentes, ne peuvent être qualifiée de « fantasy historique » comme repris dans le sous-titre de cette anthologie.

 

Voir l’avis de Maestro sur l’ensemble de cette anthologie sur Wagoo:

http://wagoo.free.fr/spip.php?article1280

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