Autant en emporte le temps – Ward MOORE

Autant en emporte le temps   autant en emporte le temps 2

 

Hodgins Mc Cormick Backmaker est né en 1921 et nous relate ses mémoires en 1877. Pour bien comprendre ce paradoxe apparent, il faut se plonger dans le récit de ses mémoires.

Hodgins est né dans le Nord des Etats-Unis ; enfin dans un Nord qui a perdu la guerre de Sécession à la bataille de Gettysburg en 1863 et ce Nord, amputé d’une partie de ses états et sous le joug du Sud(qui en plus a conquis le Mexique) est désespérément pauvre. Hodgins est né dans une ferme mais il n’a aucun talent utile pour aider à la ferme, la seule chose qui a jusqu’ici éveillé son intérêt, c’est la lecture.

C’est ainsi qu’à l’âge de 17 ans (en 1938 donc), il décide de quitter la ferme familiale afin de diminuer le nombre de bouches à nourrir pour ses parents et s’engage sur les routes, bien décidé à tenter sa chance dans une grande ville.

Arrivé à New York, il est très vite dépouillé de tous ses maigres biens et ne doit sa survie qu’à l’intervention d’un quidam qui lui trouve un travail chez un imprimeur. C’est chez c’est imprimeur qu’il complètera son érudition (que ce soit en lisant les ouvrages que l’imprimeur a rassemblé ou par ses discussion avec celui-ci). Ensuite, Hodgins, fort de son érudition (quasiment uniquement axée sur l’histoire), décide de postuler pour étudier auprès d’une université et il envoie une demande à toutes les universités qu’il a pu localiser. Peu de temps après, il est contacté par un professeur Haggerswell de l’université de Haggershaven, un établissement dont il ne sait à peu près rien, ce professeur lui enjoignant de ne surtout accepter aucune autre offre avant d’avoir eu une discussion avec le représentant d’Haggerswell.

Hodgins est donc interviewé par Barbara,la propre fille du professeur Haggerswell qui est à la fois merveilleusement belle, physicienne de renommée internationale et sentimentalement fort peu équilibrée. Il finit par être invité à l’université de Haggershaven. L’université en question est un endroit où chacun est appelé à contribuer, suivant ses possibilités au bien-être commun, travaillant la terre ou faisant la cuisine si nécessaire.

Hodgins a trouvé une vie qui lui convenait à Haggershaven, il peut y écrire sur la guerre de sécession et surtout sur l’épisode crucial de la bataille de Gettysburg. La vie y est rythmée par ses échanges avec les autres étudiants/professeurs et aussi par ses relations tumultueuses avec Barbara Haggerswell, celle-ci passant le plus clair de son temps à travailler sur son chef-d’œuvre : une machine à voyager dans le temps.

Autant en emporte le temps est un livre qui traîne une réputation flatteuse derrière lui. Je dois dire que je ne partage pas l’enthousiasme de certains.

Pour moi, ce roman peut se diviser en trois partie : le début où l’on suit Hodgins qui quitte sa ferme et vient habiter à New York, la deuxième partie où Hodgins s’installe à Haggerswell et la fin du roman où Hodgins utilise la machine à voyager dans le temps pour aller assister à la bataille de Gettysburg.

Si ce roman a une portée philosophique certaine, il rate à mon avis sa cible en déviant à partir de la deuxième partie. L’auteur avait l’occasion de nous conter un roman se passant dans ce Nord uchronique ruiné et raciste (les Noirs étant considérés par beaucoup de Nordistes dans le roman comme étant responsables de la situation qui est la leur) par opposition au Sud opulent et ayant réalisé l’émancipation des esclaves. On a un petit aperçu de ce que cela aurait pu donner dans la première partie et j’aurais aimé que Ward Moore nous décrive un peu plus le Sud dans la suite. Au lieu de cela, la deuxième partie du roman nous entraîne dans une société fermée genre utopie et toutes les interactions entre ses différents membres. Ce n’est pas inintéressant mais cela dévie un peu de l’uchronie.

Et finalement en un final un peu décevant, l’auteur ferme la boucle parce que la présence d’Hodgins à Gettysburg va bouleverser le résultat de la bataille et nous amener à la version de l’Histoire qui est la nôtre.

Si le roman est intéressant au point de vue du voyage temporel, ce sujet a néanmoins été souvent abordé et parfois beaucoup mieux dans de courtes nouvelles. J’aurais aimé un peu plus d’audace, ici j’ai un peu la même impression que dans le film « Nimitz, retour vers l’enfer » ou sur le point de créer une distorsion temporelle, l’auteur se ravise et revient à une vision sage et classique.

 Ma note personnelle : 13/20

Autant en emporte le temps – Ward Moore
Denoël – Présence du futur n°229
248 pages

 

 

Publicités

The URI to TrackBack this entry is: https://daidin.wordpress.com/2014/01/10/autant-en-emporte-le-temps-ward-moore/trackback/

RSS feed for comments on this post.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :