A Desert Called Peace – Tom Kratman

A desert called peace

Lorsqu’une nouvelle planète potentiellement habitable par les humains ainsi que le moyen d’y accéder rapidement (via une sorte de porte vers le sub-espace), les dirigeants terriens y voient l’occasion rêver d’y envoyer tous les troublions affamés, sectateurs… afin de pouvoir continuer à vivre sur la Terre surpeuplée.

Les différentes populations transférée sur Terra Nova, vont se regrouper par nation et recréer plus ou moins les mêmes problèmes politiques que sur Terre. Si le niveau technologique a fortement baissé au début de l’installation des colons, il est remonté pour l’équipement militaire à l’équivalent de ce que nous connaissons à l’heure actuelle.

Tom Kratman se sert ici d’un contexte de SF pour nous recréer la Guerre d’Irak et nous expliquer comment il aurait fallu la mener pour la gagner. Cela commence par l’équivalent des attentats du 11/9 puisque 3 avions pilotés par des fanatiques islamistes s’écrasent sur des tours et nous suivons ensuite un homme qui a perdu toute sa famille dans ces attentats.

Ancien officier, Carrera décide créer une unité mercenaire qui ira combattre les terroristes sur le terrain avec beaucoup plus d’efficacité que les unités militaires, et si pendant l’entrainement, quelques hommes meurent, cela vaut mieux que s’ils étaient mal préparés à faire leur métier et causaient par là-même des pertes plus importantes.

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Quand on lit des bouquins ressortant du domaine de la SF-militaire américaine, on risque toujours de tomber sur ce genre d’auteur de la droite républicaine qui se croit obligé d’expliquer que tous les gauchistes (en gros, ceux qui ne sont pas en accord avec toutes leurs idées) sont des corrompus qui ne pensent qu’à s’enrichir sur le dos du gros de la population.

Ici,  aucun cliché républicain ne nous est épargné: administration corrompue et servant à pressurer le peuple pour le bénéfice de quelques  fonctionnaires, associations humanitaires collaborant avec les terroristes ou, au mieux, utilisées par ces terroristes au vu de leur grande naïveté et journalistes dont le seul but est de dénigrer les braves militaires. On pourrait encore accepter ce genre de propos s’il s’agissait d’une organisation, d’un ou plusieurs journalistes ou de quelques membres des organisations susnommées mais non, ici quasiment tous les journalistes travaillent à saper le bon fonctionnement des opérations, tous les volontaires des ONG sont des sympathisants des terroristes…

Rajoutons une petite couche d’homophobie et le fait que l’auteur justifie la torture par l’efficacité pour obtenir des renseignements ou le fait que Carrera ne voit pas trop de problème quand on lui annonce qu’il y a eu 37 morts pendant l’entrainement des forces spéciales (D’après l’auteur, il vaut mieux que l’entrainement soit le plus réel possible pour qu’il y ait moins de pertes sur le terrain.

En résumé, refaire la guerre d’Irak sur une autre planète, pourquoi pas mais en évitant de teinter le roman de ses propres idées politiques ce serait encore mieux. Si ce roman est mieux écrit que celui de Jeff Head, il va plus loin que celui-ci sur certains points (Carrera provoque par exemple un groupe qui applaudit les attentats terroristes pour pouvoir les abattre). On sent que pour Tom Kratman, pour pouvoir battre  des terroristes, il faut se montrer plus impitoyable qu’eux.

Ma note personnelle: 10/20
A Desert Called Peace – Tom Kratman
Edition Kindle

Le site de l’auteur: http://www.tomkratman.com/

1940 et si la France avait continué la guerre – Jacques SAPIR – Frank STORA & Loïc MAHE

1940   1940-2

Le titre indique assez clairement l’objet de cet ouvrage. Donc, pas d’armistice, pas de maréchal sauveur de la France…
Si je parle d’ouvrage, c’est qu’il ne s’agit pas ici d’un roman uchronique mais plutôt d’un essai avec toute la rigueur que cela suppose. Ce livre aborde les questions politiques, économiques, logistiques et militaires notamment. Il est particulièrement complet et assez épais alors que ce premier tome ne couvre que la période de mai 1940 à la fin de l’année 1940.

Les pistes suivies par les auteurs semblent de prime abord assez logiques: les troupes françaises se replient sur l’Afrique du Nord, la Flotte française regroupée en Afrique du Nord permet aux alliés de dominer complètement le transport maritime en Méditerranée, les troupes franco-britanniques viennent assez facilement à bout des troupes italiennes en Lybie et un peu plus difficilement à bout de celles-ci en Somalie et en Ethiopie.

Cependant toute la difficulté dans une uchronie vient de ce qu’à chaque choix, les possibilités de divergences augmentent. Ainsi, on peut se poser la question du choix d’entamer la bataille d’Angleterre alors que la flotte et l’aviation françaises  sont encore en excellent état et causent de grands problèmes à l’allié Italien, permettant par exemple la prise par les alliés de la Sardaigne, de Rhode et des îles du Dodécanèse.

Un autre point qui me pose problème, c’est que non seulement la France continue la guerre mais qu’en plus, cela s’accompagne d’un sursaut moral, les troupes alliées comme la population reprennant espoir et luttant de leur mieux pour permettre l’évacuation la plus complète possible vers l’Afrique du Nord. Dès lors, les ponts sautent presque toujours lorsque les premières troupes allemandes s’en approchent, les troupes alliées se battent quasiment à chaque fois comme des lions et on parvient dès lors à évacuer la quasi totalité des appareils militaires et du personnel civil et militaire clé. Les allemands, tout à la réorganisation de leurs troupes après leur avance rapide ne semblent pas en mesure de gêner beaucoup l’exode vers l’Afrique du Nord.

Enfin, comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas un roman et le luxe de détails (Par exemple, on peut trouver la mention que tel avion a transporté deux moteurs de tel type d’avion d’un aéroport à un autre…)pourrait lasser plus d’un lecteur qui chercherait plutôt un récit militaire qu’une étude détaillée.

Ma note personnelle: 14/20 (18/20 si l’on s’en tient à la qualité des recherches et des détails de la simulation).
1940 et si la France avait continué la guerre – Jacques SAPIR – Frank STORA & Loïc MAHE

The Bonehunters – Steven ERIKSON

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Léoman des Fléaux s’était échappé à la fin de « House of Chains ». Poursuivi par l’Adjointe Tavore Paran et la quatorzième armée Malazéenne, il s’est réfugié dans Y’Ghatan, une ville que les Malazéens connaissent bien puisque sa conquête leur avait coûté très cher. Et cette fois encore, la prise d’Y’Ghatan va être très coûteuse en vies humaines. Alors que la crème de la quatorzième armée (les Marines et quelques unes des meilleures unités) est entrée dans la ville, Léoman y met le feu. Or, les entrepots de la ville étaient remplis d’huile que Léoman et ses fidèles avaient dissimulé dans les murs-mêmes des habitations. Toute la ville s’embrase et un tourbillon de feu se crée qui va donner naissance à un élémentaire de feu qui va consumer la cité.

Léoman des Fléaux réussit encore une fois à s’enfuir en laissant quasi-totalité de ses fidèles périr dans l’incendie. La quatorzième armée se retire vers la côte pour revenir à Unta, la capitale de l’empire, armée défaite malgré la victoire parce qu’elle a perdu l’épine dorsale de son armée, la grande majorité des vétérans. Ce que tous ignorent, c’est que ces vétérans ont pu deviner ce qui allait se produire et ont réussi à pénétrer dans les profondeurs d’Y’Ghatan, les anciennes villes qui avaient été recouvertes l’une après l’autre par les nouvelles versions d’Y’Ghatan. Ils ont réussi à trouver un chemin souterrain qui leur a permis de sortir à l’extérieur des murailles.

Sortis de l’enfer d’Yghatan, l’un des vétérans ramasse des ossements et les porte sur lui comme Talisman, il est bientôt imité par les autres vétérans de telle sorte que lorsque les survivants rejoignent l’armée, celle-ci voit arriver un groupe d’hommes portant des tas de talismans en os et ceci leur vaudra leur nom de Bonehunters (chasseurs d’os).

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Difficile de résumer les nombreuses intrigues qui jalonnent ce tome, tellement il y en a. L’intrigue résumée ci-dessus ne couvre que le début du roman. La quatorzième armée reprendra la mer pour Unta mais l’adjointe refusera de débarquer ses troupes parce que la capitale est au bord de l’explosion, des rumeurs circulent sur  la « trahison de Coltaine » et la populace demande la tête de tous les wickans à bord des navires. De plus Mallick Rel et Korbolo Dom que la quatorzième armée avaie combattu dans les sept cités sont maintenant de proches conseillers de l’impératrice Laseen. La guerre civile est inévitable.

De nombreux personnages (Dieux, ascendants, rois, mages, prêtres, assassins, guerriers, maître du deck… ) de toutes races, croisés dans les tomes précédents réapparaissent, se rencontrent, discutent ou se combattent… Certains restent sur le carreau, d’autres font preuve de pouvoirs jusqu’ici inconnus ou se révèlent sous leur véritable forme.

D’habitude, les romans de cette série mènent tous vers une scène culminante. Ici on a plusieurs scènes époustouflantes et c’est encore un tome exceptionnel qui s’offre à nous.

Ma note personnelle: 19/20
The Bonehunters – Steven Erikson
1230 pages.

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