Les bas-fonds de Mesa – David WEBER & Eric Flint

bas-fonds-de-mesa-1a bas-fonds-de-mesa-1b

bas-fonds-de-mesa-2a bas-fonds-de-mesa-2b

Pour bien comprendre ce roman, quelques explications sur la société mésane s’imposent. Il faut savoir que la colonisation de Mésa a été entreprise par des colons originaires de Beowulf dont les membres les plus influents étaient Leonard Deitweiler et sa famille. Ces colons avaient comme objectifs l’amélioration de la race humaine par les manipulations génétiques sans les freins que Beowulf avait imposé à ces recherches.

Dès lors, toute la théorie politique a été pensée pour que les lignées disposant du meilleur matériel génétique dominent la société mésane et règnent sur les autres colons, les colons disposant du plus mauvais patrimoine génétique ne pouvant occuper que des fonctions intermédiaires au mieux. Poussant la logique jusqu’au bout, ils ont créé des esclaves génétiques pour les servir, ces esclaves étant « fabriqués » pour des buts précis : travailleurs de force, esclaves de plaisirs… et n’ayant bien entendu aucun droit.

Au sommet de la pyramide se trouvent les dirigeants de l’Alignement Mésan, le gouvernement occulte de Mésa dirigé lui-même par la famille Deitweiler. Seule une petite partie (quelques milliers de personnes quand même) des membres de l’alignement est au courant du nom des dirigeants et des véritables buts de l’Alignement. Le gouvernement dirige l’ensemble de Mesa officiellement. On retrouve des citoyens disposant de tous les droits puis en dessous, des anciens esclaves affranchis : les cissecs qui sont cantonnés à une vie très difficile dans des bâtiments dont la qualité est inférieure en tous points à ceux des citoyens et qui vivent surtout de débrouillardise. Ensuite on trouve les esclaves génétiques qui n’ont bien entendu aucun droit.

Afin de dissimuler au maximum leurs activités, la famille Deitweiler a créé ce qu’elle appelle l’Oignon : plusieurs couches de camouflage qui leur permettent de se dissimuler au sein de la société mésane sans que personnes ne sache qui sont ces dirigeants occultes ni même qu’ils existent. Ainsi, le gouvernement mésan dirige officiellement la planète, la société Manpower Incorporated s’occupe du commerce des esclaves génétiques et d’autres organisations pour gérer le reste de leurs activités illégales.

Pour arriver à ses fins, l’alignement a cherché à détruire toute structure pouvant s’opposer à ses desseins en poussant les gouvernements les plus opposés aux manipulations génétiques à se faire la guerre d’où la guerre entre Manticore et Havre suivie de la Guerre entre la Ligue Solarienne et l’empire stellaire de Manticore.

 

Alors que le conflit entre Manticore et Havre s’est arrêté suite aux révélations des deux supers-Espions Anton Zilwicki et Victor Cachat, Manticore se prépare à l’assaut de la Flotte de la ligue solarienne. En effet, les responsables de la Ligue Solarienne pensent que l’alignement mésan n’est qu’une fable inventée par Manticore.

C’est pour cette raison que les deux espions décident de retourner sur Mésa afin de trouver des preuves irréfutables de l’existence de l’alignement. Malgré la publicité de leur dernière visite sur Mésa, ils pensent que c’est le dernier endroit où l’on s’attend à les voir débarquer.

Ayant réussi à débarquer sur Mésa, Victor et Anton découvrent assez rapidement que l’alignement Mésan a décidé de faire disparaître les preuves de son existence en provoquant de faux accidents ou des actes « terroristes » au cours desquels les membres de l’alignement auraient trouvé la mort. Et pour cela, tous les moyens sont bons et le nombre de victimes importe peu. Si les citoyens « normaux » de Mésa se retrouvent en pleine guerre civile avec leurs esclaves génétiques ou les Cissecs, descendants affranchis de ceux-ci, c’est tout bénéfice pour l’alignement.

Lorsque les dirigeants officiels de Mesa déclenchent une répression brutale sur les Cissecs, Victor et Anton décident d’agir. Anton retourne vers Manticore pour demander du secours tandis que Victor va tenter d’aider les Cissecs et pour cela, va devoir chercher de l’aide auprès des seules organisations cissecs en état de résister aux forces de l’ordre mésanes : les gangs des bas-fonds de Mésa.

Nos héros survivront-ils ?


 

Un roman qui permet de saisir un peu mieux la société Mésane mais qui ne fait pas avancer l’intrigue principale. Comme je l’ai déjà signalé je pense, le point fort de cette série est plutôt la partie « Space Opéra » que la partie espionnage. Je pense aussi que David Weber est un meilleur écrivain que son co-auteur.

Ce n’est encore une fois pas un grand roman avec une fin trop rpéévisible mais il doit être lu pour avoir une bonne compréhension de Mesa. A lire toutefois avant d’arriver au prochain Honor Harrington (Uncompromising Honor) sinon vous apprendrez ce qui s’est passé dans ce roman-ci.

Ma note personnelle : 14/20
Les bas-fonds de Mesa – David WEBER & Eric Flint
Editeur : L’Atalante

Publicités

De Peur que les Ténèbres – Lyon SPRAGUE DE CAMP

De peur que les ténèbres_0001

Martin Padway, un archéologue américain est frappé par un éclair pendant sa visite du Panthéon à Rome. Lorsqu’il se réveille, il se demande d’abord s’il est victime d’une mystification en voyant des gens habillées bizarrement et des chars tirés par des chevaux avant de devoir se rendre à l’évidence : il a été projeté dans le passé. Comprenant le latin grâce à ses études,  Martin parvient assez vite à se situer dans le temps. Il a été projeté dans le passé en 535 après JC, à une époque où les Ostrogoths gouvernent à Rome.

Comprenant qu’il a peu de chances de retourner dans son époque, Martin doit maintenant survivre dans un univers pour lequel il n’est, à priori, pas vraiment taillé. Grâce à ses connaissances avancées, Martin pourrait certes développer certaines technologies mais il doit faire attention à ne pas faire n’importe quoi ; certains progrès pourraient être mal vus dans cette époque barbare.

Le premier véritable succès de Martin viendra en commercialisant du brandy, l’alcool distillé étant inconnu à cette période. Ayant convaincu un banquier syrien de lui prêter de l’argent en échange de l’apprentissage de notions de comptabilité, Martin parvient à s’enrichir et à étendre son influence même s’il se retrouve parfois en prison, ayant suscité la colère ou la jalousie de certaines personnes importantes. Il développe l’imprimerie, un réseau de sémaphores…

La grande obsession de Martin est de battre l’armée byzantine qui va bientôt débarquer en Italie car dans notre réalité, cette invasion à abouti à une situation qui a plongé l’Italie dans une situation où les adversaires se sont neutralisés et où l’Italie a stagné pendant plusieurs siècles ce que Martin appelle la plongée dans les ténèbres. Martin est bien décidé à modifier le futur et pour cela, il doit s’introduire dans l’entourage du roi des Ostrogoths Thiuhadad afin de pouvoir l’influencer et l’amener à prendre les bonnes décisions…


De peur que les Ténèbres est un classique de la SF et de l’Uchronie. C’est un roman assez réussi à mon point de vue parce que le héros est « humain », il fait des erreurs, se plante parfois mais arrive par des moyens parfois surprenant à ses buts. Il se fait aussi rouler dans la farine ou manipuler par ces barbares dont certains sont particulièrement retords. Sprague de Camp n’a pas non plus forcé le trait, il ne fait pas fabriquer des canons par son héros par exemple, les changements apportés restent vraisemblables  à partir des technologies de l’époque et cela renforce le côté crédible.

C’est aussi un roman où l’on retrouve l’humour propre à certains ouvrages de Lyon Sprague De Camp tels que ceux de la série Novaria qui vient d’être rééditée en un seul tome aux éditions Mnemos.

C’est également le premier roman uchronique que j’ai lu ou en tout cas le premier qui m’ait marqué.

Ma note personnelle: 17/20
De peur que les ténèbres- Lyon Sprague De Camp
Edition marabout (ici la couverture est celle de l’édition Néo)

 

 

 

Caissa – Colin GEE

Caissa

Endgame devait être le dernier tome de la série « Red Gambit », mais en l’écrivant, l’auteur s’est rendu compte qu’il aurait encore besoin d’un volume, voici donc Caïssa, déesse du jeu d’échec (tous les autres romans ayant un titre lié aux échecs, il fallait en trouver un qui clôture la série et cela malgré le fait que le précédent s’appelait « fin de partie »).

Dans ce 8ème opus, les hostilités ont repris, les alliés ont repéré le site où les soviétiques préparent leurs armes nucléaires, au bord de la Volga, site camouflé sous un camp de prisonniers. Une opération commando est montée avec l’aide des ukrainiens et de l’équipe d’Howard Hugues.

Ce que les alliés ignorent, c’est que Staline a déjà pu faire produire 8 bomnes nucléaires grâce aux centrifugeuses fournies par les Japonais et aux travaux des scientifiques nippons, ces bombes ont déjà quitté le site de production mais il y reste du matériel, des scientifiques et de nombreux documents.

Le raid est un succès, les alliés emmenant de nombreux scientifiques, des prisonniers de guerre, des documents et une centrifugeuse mais une double explosion nucléaire a lieu sur le site (une des instructions de Staline en cas d’attaque prévoyait de faire sauter le site avec une des bombes fabriquées tandis que les américains ont envoyé une attaque aérienne après l’attaque du commando pour faire sauter le site. L’explosion de la bombe américaine déclenchant l’explosion de la bombe russe qui était censé sauter quelques minutes après de toute façon, le mécanisme ayant été enclenché). Staline aussitôt accuse les alliés d’avoir lancé une attaque atomique sans raison, il déclenche ensuite lui-même trois nouvelles explosions, une en Lithuanie et deux en Ukraine, provinces soviétiques ayant depuis longtemps un passé rebelle, et accuse les alliés d’avoir déclenché ces nouvelles attaques.

Toutes ces attaques nucléaires ont un double but: détourner certains pays des alliés et couvrir les attaques nucléaires chimiques et bactériologiques lancées depuis les sous-marins type XXI pris aux allemands et les sous-marins géants japonais. Ces attaques réussissent partiellement, faisant de nombreuses victimes surtout à Boston et New York.

La réponse alliée est double: une invasion de la sibérie par un débarquement naval dans le sud de la sibérie, débarquement auquel les russes ne peuvent rien opposer et d’autre part, l’annonce à Staline de l’envoi d’une attaque sur deux villes symboles de l’Union Soviétique (Je vous laisse deviner lesquelles). Staline ps du tout perturbé par l’annonce des alliés ordonne à deux escadrilles de décoller, chacune de ces escadrilles emportant une bombe nucléaire avec comme cibles Berlin et Varsovie. Si l’attaque alliée se poursuit, les bombardiers russes ont l’ordre d’atomiser ces deux villes.

Pendant ces événements, les putschistes décident de déclencher leur coup pour empêcher Staline de les entrainer dans un conflit toujours plus violent qui ne peut mener qu’à un bain de sang supplémentaire. Arriveront-ils à temps pour empêcher le monde de glisser vers l’armaggeddon?

Les Français et les Allemands ont aussi quelques comptes à régler, comptes qui seront apurés avant la fin de cette histoire.


A part la peu probable double explosion nucléaire, dont le timing est quasi simultané au point qu’au départ aucun des deux camps n’est conscient qu’il y a eu deux explosions, on retrouve tous les ingrédients qui ont maintenu ‘intérèt de cette série jusqu’à ce 8ème tome.

L’auteur a réussi à mon humble avis cette fin de série en y introduisant quelques scènes émotionnelles puissantes.

Même si certaines actions paraissent peu probables (je pense à l’expédition des sous-marins japonais du Japon jusqu’à la mer noire par exemple), la série est très agréable à suivre et relativement réaliste dans le sens où de nombreux personnages, mêmes importants, connaissent un destin fatal. On n’est pas dans un roman où tous les gentils survivent à la fin.

Ma note personnelle: 16/20
Red Gambit tome 8 – Caïssade Colin GEE
Edition Kindle

Le site de la série: http://www.redgambitseries.com/

Lien facebook sur la série:https://www.facebook.com/groups/RedGambit/

Lien facebook sur le tome 8: https://www.facebook.com/groups/1506563606323223/?fref=ts

 

La bataille de Dorking – Sir George CHESNEY

la-bataille-de-dorking

Ecrit peu après la défaite française de 1870, cet ouvrage tente d’analyser ce qui se serait passé si l’Angleterre avait déclaré la guerre à l’Allemagne en 1871.

Tout commence par l’annexion de la Hollande et du Danemark par l’Allemagne ce qui entraîne une déclaration de guerre anglaise à l’Allemagne.

L’auteur prévoit une défaite rapide de la flotte anglaise suivie d’une invasion où l’organisation, la discipline et le nombre des troupes prussiennes finissent par l’emporter.

Tout est vu au travers du témoignage d’un soldat volontaire, ce qui accentue l’élément de confusion des troupes britanniques puisque notre brave soldat se voit balader d’un côté à l’autre sans beaucoup de précisions sur les mouvements de l’ennemi jusqu’au moment de la bataille. C’est le point fort de cet ouvrage mais cela amène comme désavantage, une certaine confusion de la part du lecteur également.

Suite à la défaite anglaise, l’angleterre se voit imposer de lourdes réparations de guerre et se voit dépouillée de ses colonies un peu comme l’Allemagne en 1918.


Véritable mise en garde de l’auteur contre l’état d’impréparation à la guerre de l’Angleterre, cette uchronie ne présente pas vraiment une analyse stratégique, les batailles y sont expédiées en quelques lignes parfois et l’introuduction très longue analyse de façon (trop) détaillée les éléments qui ont amené à la chute de l’Angleterre: dispersion des forces navales et terrestres à travers le globe, la plus grande partie des forces est concentrée dans la Navy.

Navy qui est envoyée en quelques lignes au fond de la mer grâce à l’emploi par les allemands de la torpille (Cette peur de la torpille qui a sans doute empêché un affrontement de plus grande ampleur lors de la bataille de Jutland en 1916) .

L’armée anglaise est très peu nombreuse (en tout cas sur le sol britannique), la défense de l’Angleterre reposant en grande partie sur les volontaires qui manquent d’entrainement, de matériel et d’expérience du combat.

Si l’analyse de l’auteur quant aux faiblesses de l’Angleterre est sans doute assez réelle (sauf peut-être qu niveau de la Navy, il modifie déjà la configuration stratégique avant le début de son récit par l’annexion de la Hollande et  du Danemark. D’un autre côté, le lecteur est confronté aux problèmes de ravitaillement des anglais alors que l’aspect logistique du débarquement d’une énorme armée allemande est complètement passé sous silence.

En bref, je dirais que l’auteur a forcé le trait pour arriver à démontrer ce qu’il voulait démontrer.

Ma note personnelle: 10/20
La Bataille de Dorking – Sir George CHESNEY
Edition Kindle
Edition des Régionalismes

Terms of Enlistment – Marko KLOOS

Terms of Enlistment

En 2108, le Commonwealth Nord Américain connaît de grande difficulté économique, la grande majorité de la population vit d’allocations de nourriture comptées en calories, elle vit dans de grandes agglomérations appelées Metroplex dont les quartiers les plus pauvres, les Public Residence Clusters ou PRC sont gangrenées par le crime. Il n’y a que deux moyens pour les pauvres de sortir de cette situation: gagner à la loterie en obtenant un billet pour l’une des colonies spatiales ou s’engager dans l’armée.

Andrew Grayson survit dans un PRC de Boston, il a décidé de s’engager dans l’armée. Avec un peu de chance, il pourrait même obtenir une affectation dans les forces spatiales à savoir la Navy ou les Marines. Malheureusement, à la fin de son instruction, Andrew se voit intégrer dans l’armée. Il restera sur terre a exercer principalement des missions de maintien de la paix.

Dans l’univers développé l’auteur, de grands blocs se sont formés, principalement sur une base territoriale, les principaux étant le North American Commonwealth ou NAC (qui recouvre le Canada, les USA et le Mexique) et l’Alliance sino-russe (SRA). Ces deux blocs ont développé de nombreuses colonies dans l’espace (Il en existe environ 500 sans qu’on ait une répartition précise et qu’on sache si un autre blocs que le NAC ou le SRA dispose de colonies). Ces colonies sont  situées au maximum à 60 années lumières et accessibles grâce à un moteur à propulsion Alcubierre.

Après sa deuxième mission sur Terre (ces missions semblent avoir principalement pour but de nous montrer la vie peu enviable de la majorité des habitants de la planète), Andrew parvient à se faire muter dans la Navy suite à un succès un peu gênant (Il s’agissait d’une mission de maintien de l’ordre dans un PRC, mission qui a un peu dégénéré et où Andrew a joué un rôle prépondérant, devenant à la fois un héro et le responsable de nombreuses morts.

Transféré dans la Navy comme contrôleur de réseau neuronal, Andrew est désormais  spécialiste des ordinateurs. Manque de chance, dès son premier déploiement, son vaisseau est la victime d’une attaque et l’équipage est forcé de s’éjecter à proximité de la planète Willoughby dans le système stellaire de Capella. Alors que cette planète est sensée avoir été quasi-terraformée, Andrew et les survivants de son vaisseau découvrent qu’une autre forme de vie est en train de coloniser la planète et de la modeler à ses besoins.


Ce roman fait infailliblement penser à « Etoiles garde à vous » (Starship Troopers) de Robert Heinlein pour toute la partie entrainement des troupes. L’ami Apophis y a aussi détecté d’autres sources d’inspiration (notamment la chute du Faucon Noir que je n’ai pas vu).

C’est un roman agréable à lire même s’il n’est pas particulèrement original et si la fin laisse le lecteur sur sa faim puisqu’on ne connaît pas encore grand chose sur les Aliens à part le fait qu’ils semblent fort en avance dans le domaine des sciences biologiques.

Ma note personnelle : 16/20
Marko KLOOS – Terms of Enlistment
Edition Kindle

Voir aussi l’excellente chronique d’Apophis

 

 

 

 

 

L’empereur de l’espace (Capitaine Futur 1) – Edmond HAMILTON – 1940

Capitaine Futur_0001

Un Criminel qui se fait appeler « l’empereur de l’espace » a trouvé le moyen de faire régresser les êtres humains pour les transformer en monstres hirsutes et sauvages ou reptiliens, devant cette menace, le président de la Terre n’a plus qu’une solution, faire appel au Capitaine Futur. Ce dernier, Curt Newton un géant roux dont la formation hors normes en a fait un génie scientifique, est le seul à pouvoir découvrir qui est cet ennemi de l’humanité avec l’aide de ses compagnons: Simon Wright, le cerveau (c’est la seule partie de Simon qui subsiste, conservé dans un bocal), Crag le robot à la force prodigieuse et véritable couteau-suisse et Otho, un androïde capable de modifier sa structure physique (ce qui en fait un espion de premier ordre).


Bienvenue dans la littérature Pulp, ici les héros se promènent dans les jungles vénusiennes ou sur les canaux de Mars, ils déambulent dans les rues des agglomérations de Jupiter… Vous l’aurez compris, ces romans à lépoque déjà n’avaient pour vocation que la distraction et non l’exactitude scientifique. Bien entendu, les écrivains de l’époque (déjà 77 ans que ce roman est paru tout de même) ne disposaient pas des découvertes scientifiques qui rendent la plus grande partie de leurs romans  complètement loufoques de nos jours mais ce n’est pas cela qui est important dans la littérature Pulp, ces romans sont là pour nous distraire et nous faire passer un bon moment en en celà, les Hamilton, Williamson, Doc Smith, Kenneth Robeson… y réussissaient parfaitement à l’époque.

Cette série de romans a donné naissance à une série de dessin animé qui a porté le nom en Français de « Capitaine Flam ». Cette série que j’ai vu il y a très longtemps ne m’avait pas vraiment convaincu à l’époque et je doute qu’elle me convaincrait actuellement.

Si vous pouvez vous abstraire de la réalité scientifique et si pouvez vous laisser entraîner dans ce genre d’histoire, alors n’hésitez pas, attachez votre laser à votre combinaison spatiale et prenez votre vaisseau pour aller ramener la justice dans la Galaxie.

Ma note personnelle : 16/20 (12/20 si on prend en compte l’aspect scientifique)
Edmond HAMILTON – L’empereur de l’Espace
Traduction de Pierre-Paul Durastanti
Edition Le Belial

D’autres avis sur ce roman: Apophis, blog-o-livres

 

 

World War 1990 – Operation Artic Storm – William STROOCK

World War 1990_ Operation Arctic Storm

Comme le titre l’indique, dans ce roman l’auteur nous parle d’une guerre commencée en 1990. Le point de divergence se situe en fait à la mort de Brejnev. Ce n’est pas Gorbatchev qui succède à Brejnev mais un certain Ligachev. Les principaux changements sont que le mur de Berlin n’est pas tombé et que l’Union soviétique, ne pouvant plus maintenir un budget de la défense assez élevé que pour concurrencer les États-Unis, décide de déclarer la Guerre à l’Otan. Le récit commence véritablement alors que l’offensive soviétique initiale s’est enlisée en Allemagne. Les soviétiques occupent une bonne partie de l’Allemagne et le Nord de la Norvège mais la contre-offensive de l’Otan a repoussé les soviétiques de l’autre coté de la Weser et quasiment piégé leur plus puissante unité, la 3ème armée de choc. Alors que l’Otan avait décidé de laisser cette armée fuir le champ de bataille, Thatcher donne l’ordre de couper la retraite et de détruire la 3ème armée de choc.

Devant l’évolution négative de la situation , le nouveau ministre de la défense soviétique (le précédent s’étant suicidé après cette défaite) décide d’étendre le conflit. Une attaque soviétique sur l’Alsaka et quelques îles des aléoutienne est initialement un succès avant que les citoyens de Nome ne chassent les soviétiques de leur ville avant de prendre le port et l’aéroport de Nome d’assaut. Le président Bush n’est pas le dernier surpris d’apprendre que les parachutistes russes se sont rendus à la population civile de Nomé.

En Norvège, les combats reprennent et les américains envolent une énorme flotte (comprenant le New Jersey, trois porte-avions américains, un porte-avions britanniques et leurs escortes reprendre Bodo puis Tromso. Après de nombreuses attaques d’avions et de sous-marins, les soviétiques se décident enfin à envoyer leur flotte de surface, deux porte-avions ainsi que les croiseurs de bataille Kirov et Fruntze avec leurs escortes. A la fin de l’engagement, l’Illustrious anglais a été coulé ainsi que l’Entreprise mais les russes ont perdu leurs porte-avions et leurs croiseurs de bataille, de nombreux sous-marins et avions. La bataille pour l’Atlantique Nord est une victoire de l’Otan.


Un livre plaisant, premier d’une trilogie et qui nous ramène à Tempête Rouge. S’il n’est sans doute pas au niveau du roman de Clancy, c’est quand même un essai intéressant, ponctué de commentaires des auteurs du jeu Harpoon.

Les passages politiques sont intéressants même si je ne partage pas entèrement l’avis de William Stroock sur Mitterand qui semble dans le livre avoir tenté quelque chose (qui n’est pas explicité, peut-être un accord de paix séparé?) avec les russes. C’est à mon sens une vue typiquement américaine de penser que les français pourraient être un maillon faible de l’alliance et être prêts à se retirer du conflit dès que possible.

Ma note personnelle : 16/20
World War 1990 – Operation Artic Storm – William STROOCK
Edition Kindle

Site web de l’auteur: http://williamstroock.blogspot.be/

Le maître du Haut Château – Philip K. DICK

Le maitre du haut chateau_0001

Le maître du Haut Château nous apparaît tout d’abord comme une uchronie où le point de divergence se situe en 1933 lors de l’assassinat de Roosevelt par Giuseppe Zangara (tentative qui échoua dans notre réalité). Suite au décès de Roosevelt, les Etats-Unis sont restés neutres et n’ont entrepris aucune démarche de réarmement. Dès lors, l’attaque de Pearl Harbour est encore plus dévastatrice et les soviétiques sans l’appui des américains perdent la bataille de Stalingrad. Rommel s’empare de l’Egypte et les pays alliés sont battus. Et capitulent en 1947. (Pour un résumé complet, je vous renvoie à l’excellent article de Wikipedia).

Le roman commence en 1962 dans une Amérique qui a été divisée entre les Nazis et les Japonais (comme le reste du monde d’ailleurs, les allemands s’étant taillé la part du lion). Et le récit se situe exclusivement du côté japonais et dans la partie centrale des Etats-Unis (partie tampon neutre mais très appauvrie) avec quelques nouvelles qui nous sont fournies sur les événements en Europe (où la succession du Führer Martin Bormann est ouverte).


Je sens que je vais me faire quelques ennemis, Philip K. Dick étant un auteur généralement apprécie en France et le maître du Haut Château a obtenu le prestigieux prix Hugo mais je n’ai pas aimé ce roman.

Certes, c’est un récit très riche en idées, un univers relativement cohérent (j’y reviendrai plus loin) et qui aborde un grand nombre de thématique.

Ce qui nous apparaissait de prime abord comme une uchronie finit par se révéler être plutôt un monde parallèle (le roman en révèle au moins trois).

Dick nous amène au travers de ses personnages à mettre en doute la réalité lorsque l’un de ses personnages semble se retrouver dans notre monde (monde également évoqué dans un ouvrage que les allemands ont étudié et que certains d’entre eux ont visité) alors qu’il contemple un objet artisanal authentique (jusqu’ici, il avait été confronté à des faux fabriqués pour les touristes japonais)  , ou lorsque l’Oracle du Yi-King révèle à l’auteur du « Poids de la sauterelle » que le véritable monde est celui décrit dans cet ouvrage écrit à l’aide du Yi-King puisqu’à chaque question que l’auteur se posait sur la suite, il a interrogé l’Oracle.

L’atmosphère est assez réussie, nous pouvons suivre l’évolution des personnages dans cette partie de l’Amérique dominée par les Japonais. La vie y est difficile certes mais l’occupation y est relativement douce (par opposition à la partie du monde sous le joug nazi où la vie est très dure pour les non-aryens). En fait une grande partie du roman nous met en présence de cette opposition entre les sociétés japonaise et allemande. Outre le côté culturel, on peut aussi mettre en évidence le côté traditionnel japonais opposé au modernisme allemand (les allemands voyagent à bord de fusées au lieu d’avions à réaction, ils ont développé un programme spatial qui leur a permis d’envoyer des vaisseaux sur Mars.

Il y a plusieurs éléments qui m’ont rendu cette lecture difficile :

D’une part, il y a l’irruption du Yi-King qui semble dominer la vie des japonais comme des américains situés en territoire occupé par les japonais. Pourquoi et comment ce livre serait devenu indispensable à une partie aussi importante de la population au point qu’elle n’ose plus prendre de décision sans consulter l’oracle.

D’autre part, et je trouve cet élément assez perturbant, Dick nous montre en 1962 un régime nazi fort en avance sur le plan scientifique par rapport à notre réalité puisque en 1962, les Américains étaient encore loin de poser le pied sur la lune alors que dans le roman, les nazis ont atteint Mars avec des vols habités, sans compter les fusées qu’ils utilisent comme les Américains utilisaient les avions.

Enfin, ce qui m’a le plus rebuté, ce sont les personnages torturés, indécis et le rythme du récit qui est fort lent.  C’est dommage parce que certains pourraient arrêter avant la fin et manquer ainsi les révélations finales sur les mondes parallèles.

Ma note personnelle : 14/20
Le Maître du Haut Château – Philip K. DICK
Edition J’ai Lu – Collection Nouveaux Millénaires

L’avis de Lutin82

Le Premier Fulgur – Edward Elmer « Doc » Smith

the-e-e-doc-smith-megapack

Second tome de la série des « Fulgurs » ou porteurs du Joyau (Lensmen), ce « Premier Fulgur » nous apprend comment la ligue triplanétaire a évolué en patrouille solarienne avant de devenir la Patrouille Galactique.

Alors que Virgil Samms, président du conseil triplanétaire cherchait a établir un conseil galactique, il se trouvait confronté à plusieurs problèmes:

1°) Il fallait que ces représentants puissent être identifiés immédiatement et sans aucun doute

2°) Il fallait qu’ils puissent correspondre entre-eux sans aucun problème, quelques soient les espèces auxquelles ils appartiennent, même des races extraterrestres qui n’utilisaient pas la parole.

3°) Il fallait qu’ils soient incorruptibles.

La réponse vint du jeune savant qui avait créé le super-moteur de la patrouille solarienne, le docteur Bergenholm. Ce dernier conseilla à Virgil Samms de se rendre sur la mystérieuse planète Arisia, planète que tous les spationautes fuyaient pour des raisons qu’ils n’étaient même pas capable d’expliquer, où la réponse lui serait fournie. Bergenholm était incapable d’expliquer comment il le savait mais il était certain que la réponse était là.

Virgil Samms se rendit sur Arisia et en un revint avec le joyau, l’outil indispensable pour distinguer les fulgurs des autres êtres vivants. Le joyau, une pierre chatoyante aux multiples facettes, permettait une communication télépathique instantanée et grâce à celle-ci, les deux individus pouvaient avoir une compréhension et un aperçu mental mutuel, leur permettant de distinguer les qualités et les intentions de leurs interlocuteurs.

De sa rencontre avec l’Arisian qui l’avait reçu, Virgil Samms retint que tous ceux qu’il jugerait, au moyen de son joyau, digne d’être des Fulgurs se verraient remettre un joyau et pourraient ainsi contribuer au développement de la civilisation mais qu’une seule femme serait un jour un Fulgur et qu’elle ne porterait pas de joyau. L’aide apportée par les Arisians se bornerait à fournir des joyaux, le reste étant du ressort des jeunes races.

Alors qu’il pensait pouvoir recruter des centaines de personnes, virgil Samms se rendit compte grâce à son joyau que seul un très petit pourcentage d’humains avaient l’étoffe pour devenir des Fulgurs et que dire des extra-terrestres. Lorsqu’il se rendit sur Palain VII et Rigel IV, Virgil Samms se rendit vite compte que les extra-terrestres pouvaient dépasser les humains dans certains domaines mais avaient aussi parfois des défauts qui rendaient l’accession au grade de Fulgur quasi impossible.

Grâce au Joyau, les Fulgurs parviendront à déjouer plusieurs complots visant à attenter à la vie de Virgil Samms et à développer la Patrouille Galactique en contrant les attaques des forces hostiles manipulées par les Eddoriens.


Ce roman publié en dernier dans le Cycle du Fulgur,  fait le lien entre le premier tome: Triplanétaire et les tomes 3 à 6 (Centrés sur le personnage de Kimball Kinnison), il permet ainsi de relier le futur proche à la sage de Kimball Kinnison (pour plus de détail sur la genèse du cycle, reportez vous à la page wikipedia très bien faite à mon sens.

C’est à mon humble avis un excellent Space Opéra, surtout pour l’époque (1950) qui a influencé de nombreux auteurs. Bien entendu, il souffre des défauts de l’époque (place des femmes dans la sociétés, point de vue très américain et très Wasp, style très héroïque… mais si on sait se replacer dans le contexte, on appréciera certainement cet ouvrage clé dans le cycle.

Ma note personnelle : 16/20
Le Premier Fulgur –Edward Elmer « doc » SMITH
Edition Kindle

La paille dans l’oeil de Dieu – Larry NIVEN & Jerry POURNELLE

La paille dans l'oeil de dieu_0001

Alors que l’empire humain a connu de nombreux soubresauts, les flottes impériales terminent de mettre les colonies rebelles au pas. Dans le système de la Néo Ecosse, un vaisseau spatial d’origine inconnue est repéré. Ce vaisseau ne répondant pas aux messages est bientôt arraisonné. A bord de ce vaisseau d’origine visiblement extraterrestre, les humains découvrent le corps d’un alien décédé depuis longtemps.

 En retraçant l’origine du vaisseau, les humains concluent que ce vaisseau a voyagé pendant des années en provenance de d’une étoile de type G qui a été nommée « La Paille dans l’Œil de Dieu ». Ce nom vient du fait que cette étoile apparaît en surimpression sur fonds d’une étoile super géante rouge, l’Oeil de Murcheson, située au delà de la Nébuleuse du Sac à Charbon. Vue de la Néo-Ecosse, cet ensemble ressemble à un visage d’homme encapuchonné qui aurait une paille dans l’œil.

Le capitaine Rod Blaine est chargé de diriger une expédition scientifique vers La Paille afin de prendre contact avec cette espèce extra-terrestre et de déterminer ses intentions.  A bord du croiseur Mac Arthur embarqueront une équipe de scientifiques pluridisciplinaire: linguistes, psychologues, anthropologues, physiciens…. Le Mac Arthur sera accompagné du Cuirassé Lénine commandé par l’Amiral Kutuzov. Le Lénine devra éviter tout contact avec les extraterrestres et détruire le Mac Arthur si celui-ci devait être contaminé ou pris par les extra-terrestres… L’Amiral Kutuzov doit aussi veiller à ce que les E.T. en apprennent le moins possible sur les humains.


Je ne vais pas résumer l’intrigue, cela serait trop long, qu’il me suffise de dire que nous avons ici un récit intelligent de premier contact (Surtout si l’on compare avec les autres récits de premier contact que j’ai lu auparavant où l’on a généralement affire à une race extra-terrestre qui veut anéantir tout ce qu’elle rencontre). Certes, le roman n’est pas sans défaut et, datant de 1974, légèrement dépassé au point de vue scientifique ou sociologique (les femmes y occupent une place quasi inexistante, à part la future épouse du héros, scientifique embarquée sur le Mac Arthur). Il s’agit aussi d’un roman américano centré, la plupart des personnages sont anglo-saxons, ce qui se voit aussi dans le nom des planètes comme la Néo-Ecosse. Nous sommes dans un Empire, avec une classe dirigeante noble ce qui pourrait paraître très peu probable de nos jours.

Le point fort de ce roman et c’est quand même le plus important dans un roman sur un « premier contact », c’est l’originalité de la culture E.T.. Les Pailleux comme viennent à les appeler les humains sont très différents de nous, à la fois physiquement(ils ont des membres asymétriques et sont répartis en plusieurs sous-espèces avec parfois de grandes différences de taille) et psychologiquement et j’ai trouvé cet aspect très réussi.

Lorsque le contact s’établit, il faut un certain temps pour arriver à ce que l’une des deux espèces parvienne à saisir le langage de l’autre et à ce jeu, ce sont les pailleux qui sont les plus forts. Commence alors  la phase de dialogue qui amène petit à petit à une compréhension au moins partielle de ce que les espèces veulent bien révéler. Car si l’on sait dès le début que les humains ne veulent pas révéler trop de leur passé belliqueux, on ne sait pas grand chose des pailleux. Ceux-ci semblent amicaux et très avancés sur certains points ce qui pourrait apporter de grands bénéfices pour l’espèce humaine(Une des sous-espèce de pailleux par exemple semble même être douée de génie pour la mécanique, ils sont capable de démonter un objet et de le modifier en augmentant son efficacité). Le débat s’engage alors entre les humains: les pailleux sont ils juste ce qu’ils ont l’air ou cachent-ils quelque chose.  La seule chose qui semble manquer aux pailleux, c’est la technologie qui permet d’avancer d’une planète à une autre en procédant par bonds. Cette technologie dont les humains disposent mais qui manque cruellement aux pailleux qui sont, dès lors, prisonniers de leur système stellaire.

Enfin, il faut venir au point qui fait débat sur ce roman qualifié de militariste, non point parce qu’il est rempli de personnages génocidaires voulant à tout pris exterminer une civilisation non-humaine ou qu’il y ait une suite de combats spatiaux ou planétaires mais bien parce que les scientifiques y  apparaissent comme de doux naïfs prêts à ouvrir les portes de l’empire à une espèce dont on ignore quasi tout alors que les militaires sont là pour veiller au grain et empêcher les catastrophes. C’est certes un point de vue présent et sans doute voulu par les auteurs dans le déroulement du récit mais de mon point de vue, un roman militariste est un roman qui met vraiment en valeur l’esprit militaire tellement supérieur au simple mortel (voir le roman de John Ringo commenté sur ce blog), je n’ai pas ressenti cet aspect là ici. On se trouve dans une histoire sur fonds militaire et il semble dès lors logique que les militaires y occupent une place prépondérante (un peu comme dans la série Honor Harrington).

Ma note personnelle: 17/20
La paille dans l’oeil de Dieu – Larry NIVEN & Jerry POURNELLE
Edition Pocket

Voir aussi cet article d’Apophis où il est question de ce roman

 

 

%d blogueurs aiment cette page :