De Peur que les Ténèbres – Lyon SPRAGUE DE CAMP

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Martin Padway, un archéologue américain est frappé par un éclair pendant sa visite du Panthéon à Rome. Lorsqu’il se réveille, il se demande d’abord s’il est victime d’une mystification en voyant des gens habillées bizarrement et des chars tirés par des chevaux avant de devoir se rendre à l’évidence : il a été projeté dans le passé. Comprenant le latin grâce à ses études,  Martin parvient assez vite à se situer dans le temps. Il a été projeté dans le passé en 535 après JC, à une époque où les Ostrogoths gouvernent à Rome.

Comprenant qu’il a peu de chances de retourner dans son époque, Martin doit maintenant survivre dans un univers pour lequel il n’est, à priori, pas vraiment taillé. Grâce à ses connaissances avancées, Martin pourrait certes développer certaines technologies mais il doit faire attention à ne pas faire n’importe quoi ; certains progrès pourraient être mal vus dans cette époque barbare.

Le premier véritable succès de Martin viendra en commercialisant du brandy, l’alcool distillé étant inconnu à cette période. Ayant convaincu un banquier syrien de lui prêter de l’argent en échange de l’apprentissage de notions de comptabilité, Martin parvient à s’enrichir et à étendre son influence même s’il se retrouve parfois en prison, ayant suscité la colère ou la jalousie de certaines personnes importantes. Il développe l’imprimerie, un réseau de sémaphores…

La grande obsession de Martin est de battre l’armée byzantine qui va bientôt débarquer en Italie car dans notre réalité, cette invasion à abouti à une situation qui a plongé l’Italie dans une situation où les adversaires se sont neutralisés et où l’Italie a stagné pendant plusieurs siècles ce que Martin appelle la plongée dans les ténèbres. Martin est bien décidé à modifier le futur et pour cela, il doit s’introduire dans l’entourage du roi des Ostrogoths Thiuhadad afin de pouvoir l’influencer et l’amener à prendre les bonnes décisions…


De peur que les Ténèbres est un classique de la SF et de l’Uchronie. C’est un roman assez réussi à mon point de vue parce que le héros est « humain », il fait des erreurs, se plante parfois mais arrive par des moyens parfois surprenant à ses buts. Il se fait aussi rouler dans la farine ou manipuler par ces barbares dont certains sont particulièrement retords. Sprague de Camp n’a pas non plus forcé le trait, il ne fait pas fabriquer des canons par son héros par exemple, les changements apportés restent vraisemblables  à partir des technologies de l’époque et cela renforce le côté crédible.

C’est aussi un roman où l’on retrouve l’humour propre à certains ouvrages de Lyon Sprague De Camp tels que ceux de la série Novaria qui vient d’être rééditée en un seul tome aux éditions Mnemos.

C’est également le premier roman uchronique que j’ai lu ou en tout cas le premier qui m’ait marqué.

Ma note personnelle: 17/20
De peur que les ténèbres- Lyon Sprague De Camp
Edition marabout (ici la couverture est celle de l’édition Néo)

 

 

 

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Waylander – David GEMMEL

Waylander

Le Roi Niallad de Drenaï a été assassiné sur ordre de Kaem, un général Vagrian et voici que les Vagrians déferlent sur Drenaï affaiblie par les coupes que ce même roi avait imposé à son armée. Niallad était convaincu que les Vagrians se montraient agressifs à cause de la puissance de l’armée Drenaï et il pensait apporter la paix en désarmant.

Les Vagrians, non contents de s’appuyer sur une armée très bien entrainée et forte de plusieurs dizaines de milliers d’hommes, peuvent aussi compter sur l’appui de la confrérie noire, des tueurs au service du chaos qui utilisent des herbes pour obtenir le pouvoir de contrôler les esprits et pousser leurs ennemis à faire des choses contre leur gré (telles que se frapper voir se tuer ou ouvrir la porte d’une forteresse…). La confrérie noire a entrepris d’éliminer systématiquement tous les prêtres de la source, une religion pacifique qui prône le respect de la vie car toute vie est originaire de la source.

L’assassin du Roi, Waylander(un ancien officier drenaï qui est devenu tueur à gage après que sa femme et ses filles aient été assassinés par des brigands, a été trahi par Kaem et ce dernier a envoyé des tueurs pour l’éliminer. Alors qu’il fuit les tueurs de Kaem, Waylander se fait voler son cheval. Il retrouve les voleurs en train de torturer un prêtre de la source et, en tuant les voleurs, il sauve involontairement la vie du prêtre Dardalion. Ce prêtre est un mystique qui dispose de pouvoirs psychiques lui permettant de s’évader de son corps pour aller voir ce qui se passe parfois à de très grandes distances. Lors d’un de ces voyages mystiques, Dardalion ne parvient pas à rentrer dans son corps et Waylander le réveille en lui faisant boire de son sang. Désormais profondément modifié par le contact avec le sang de Waylander, Dardalion décide d’affronter les serviteurs du chaos et de regrouper autour de lui d’autres prêtres mystiques prêt à se battre. En tout, ils seront trente (Voir l’ordre des Trente dans Légende).

Le royaume de Drenaï ne peut plus compter que sur quelques milliers d’hommes et deux généraux: Karnak une force de la nature, ambitieux mais meneur d’hommes extraordinaire n’hésitant jamais à se jeter au cœur de la bataille et Egel, le meilleur tacticien des deux.

Alors que Karnak se rend à la forteresse de Dros Purdol pour en organiser la résistance et bloquer une grande partie de l’armée vagrianne, Egel rassemble une armée pour venir au secours de Dros Purdol mais pour qu’Egel parvienne à redonner du courage aux drenaïs, il faut retrouver un symbole, l’armure de bronze du roi Orien, le père de Niallad. Or cette armure a été cachée en plein territoire Nadir (voir Légende) et il est impossible d’y envoyer une troupe nombreuse la récupérer.

Par contre un homme seul pourrait  y arriver et cet homme n’est nul autre que Waylander, l’assassin du roi. Waylander se lance donc dans une quête impossible, toujours poursuivi par les assassins de Kaem, la confrérie noire et des créatures monstrueuses, fusion de guerrier nadirs et d’animaux qu’un prêtre nadir a créé pour tuer Waylander.

Pendant que Waylander part en quête de l’armure de Bronze, Dardalion et l’ordre des Trente rejoignent Dros Purdol pour aider les défenseurs contre les attaques de la confrérie noire.

Voici Waylander, le deuxième « héro » de la série Drenaï qui vient rejoindre Druss. Sans être l’exact anti-thèse de Druss, Waylander en est quand même assez éloigné. Druss était un héro affrontant l’ennemi de face avec sa redoutable hache Snaga tandis que Waylander l’assassin préfère abattre ses ennemis à distance, que ce soit avec son arbalète à deux coups ou avec ses couteaux. Ce qu’ils ont en commun, c’est la perte de leur famille et la recherche des assassins. Après cette vengeance, Druss est devenu un guerrier mettant son talent au service de Drenaï tandis que Waylander est devenu tueur à gage.

Ce qui va transformer Waylander, c’est la rencontre avec le prêtre de la source nommé Dardalion, c’est d’ailleurs une rencontre qui va transformer les deux hommes: Waylander va retrouver une cause juste pour laquelle utiliser ses talents, Dardalion lui va quitter la voie pacifique qui était la sienne jusque là pour défendre les innocents contre le chaos même si le prix à payer est très lourd pour son âme. On retrouve ici un des thèmes récurrents dans l’œuvre de Gemmel à savoir que devant le mal absolu, on ne peut pas se contenter de tendre l’autre joue parce que l’ennemi va vous arracher la tête…

Plus encore que dans légende on retrouve le côté « Alamo », Dros Delnoch était une succession de murs, il était possible de quitter la forteresse par l’arrière. Dros Purdol est complètement encerclée (si ce n’est un passage secret ce qui ferait plutôt penser au défilé des Thermpyles).

Il y a aussi un passage dans l’un des deux livres qui fait penser aux sept mercenaires, lorsqu’un des guerriers avoue son mépris pour les paysans et que son compagnon de combats lui répond que ce sont les paysans qui sont véritablement courageux à travailler la terre et élever leurs familles dans des conditions si difficiles et à la merci des bandits.

Waylander est un héro complexe et une addition très importante au cycle de Drenaï, même si on peut deviner les fils de l’histoire, Gemmel maîtrise parfaitement sa narration et ses dialogues ce qui fait que l’on ne s’ennuie jamais à la lecture de ce roman.

Ma note personnelle: 17/20
Légende – David GEMMELL
Edition Kindle

 

Published in: on 3 novembre 2017 at 16 h 37 min  Comments (2)  
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Le mystère de Barnes – Une aventure de Judith Lee -Richard MARSH

Les Aventures de Judith Lee

Lorsque l’inspecteur Ellis est convoqué dans un café par une jeune femme qui lui dit au téléphone qu’elle peut l’aider à résoudre le mystère de Barnes,  il est très sceptique mais ne pouvant négliger aucune piste, il se rend au rendez-vous.

C’est que ce mystère estvraiment très étrange, Mrs Netherby, une veuve qui demeurait avec une domestique dans une petite maison située à Barnes a tout bonnement disparu pendant que sa bonne était absente. Aucun des fournisseurs qui se sont présentés à sa porte n’a pu entrer et personne n’est venu ouvrir à son médecin, le docteur Anson venu prendre des nouvelles de sa patiente.
La personne qui a donné rendez-vous à l’inspecteur Ellis est Judith Lee qui a surpris une conversation des plus intéressante et qui permettra à l’inspecteur Ellis de résoudre une bien macabre affaire…

Nous assistons dans cette nouvelle sous titrée « une archive de Judith Lee » à la première collaboration entre Judith Lee et l’inspecteur Ellis. Ce dernier a un peu de mal au début à comprendre comment Miss Lee peut comprendre ce que disent deux personnes sans les entendre. Il finit par suivre Judith à laquelle il reconnaît une certaine autorité naturelle.

Une nouvelle qui se détache des autres parce que l’on commence le récit quasi au moment de l’arrestation des coupables avant de revenir au début du récit de la disparition.

Ma note personnelle: 17/20
Les Aventures de Judith Lee – Richard MARSH
Traduction Jean-Daniel Brèque
Edition Kindle

Disponible sur Amazon ou en version epub chez les moutons électriques

ou en version papier chez Rivière Blanche

Et n’oubliez pas d’aller visiter le Blog de la collection Baskerville, oeuvre de Fabrice Mundzik.

 

Deux mots – (une aventure de Judith Lee) – Richard MARSH

Les Aventures de Judith Lee

Deux mots peuvent-ils suffir à démêler les fils d’une enquête criminelle?

Et bien pour Judith Lee, oui!

Alors que tout semble accuser Charles Sinclair du meutre de son associé Gerald Tansley, les mots « Blindley Heath » échangés entre deux officiers allemands vont permettre à notre avenurière d’empêcher une erreur judiciaire.


Une aventure qui va encore une fois mettre en évidence le talent de lecture sur les lèvres de Judith Lee mais aussi sa connaissance des langues étrangères, son sens de l’observation et sa capacité de déduction. Encore une bonne histoire dans cette anthologie de haute tenue.

Ma note personnelle: 17/20
Les Aventures de Judith Lee – Richard MARSH
Traduction Jean-Daniel Brèque
Edition Kindle

Disponible sur Amazon ou en version epub chez les moutons électriques

ou en version papier chez Rivière Blanche

Et n’oubliez pas d’aller visiter le Blog de la collection Baskerville, oeuvre de Fabrice Mundzik.

Le roi sur le seuil – David GEMMELL

 

Le roi sur le seuil

Le récit raconté dans ce roman se déroule environ un siècle après les événements décrits dans « Légende » à savoir l’assaut de la forteresse de Dros Delnoch (défendue notamment par Regnak et Druss) par les Nadirs d’Ulric. Alors que le tyran Ceska règne désormais sur Drenaï avec l’aide des Templiers Noirs et des Unis.

Les Templiers Noirs sont les ennemis des trente, ils détournent l’énergie de la source à des fins maléfiques pour dominer les autres humains et leur infliger la souffrance et/ou la mort. Tandis que les Unis sont des créatures, fusions entre des être humains et des animaux. Cette fusion a été rendue possible grâce à une machine retrouvées dans d’anciennes ruines mais la part bestiale a pris le dessus sur la part humaine et ce sont de véritables machines de guerre souvent hautes de 2m50 à 3m et dotées de la force et de la rapidité de l’animal avec lequel l’humain a été fusionné.

Lorsque le Dragon, l’unité d’élite Drenaï s’est révoltée contre Ceska, leur chef Tenaka Khan surnommé « Danse-Lames » pour son habileté au combat), terrassé de chagrin par la mort de son épouse a refusé de se joindre à la rébellion. Le Dragon a été écrasé par les Unis et seuls quelques guerriers de cette unité ont survécu.

Rencontrant par hasard Ananaïs, un de ses vieux compagnons, Tenaka Khan se rend compte du désastre que signifie le règne de Ceska. Il décide de se mettre en route pour défaire le tyran mais il est peut-être déjà trop tard. Tenaka Khan parvient à regrouper quelques compagnons ainsi que les trente (qui ont accueilli Decado, un autre survivant du Dragon et guerrier invaincu). Il décide d’affronter les troupes de Ceska parties affronter une des dernières révoltes montagnarde.

Nettement dominé en nombre et en qualité, Tenaka dispose certes de l’aide de quelques guerriers d’élite et des trente mais en face, il y a des soldats aguerris, les Templiers Noirs (qui compteraient environ 600 disciples et plusieurs dizaines d’Unis.

L’espoir paraît bien faible pour Tenaka à moins qu’il ne puisse obtenir l’aide de l’ennemi héréditaire des Drenaï: les Nadirs. Tenaka succombera t-il à sa partie Nadir ou restera t-il fidèles aux Drenaï.


Ce deuxième roman de David Gemmell suit le premier (Légende) à la fois dans l’ordre d’écriture et dans l’ordre chronologique (8ème alors que Légende est le 7ème )dans l’ordre chronologique du cycle Drenaï.

On y retrouve un peu les mêmes éléments: une histoire d’amour sans espoir apparent, la défense héroïque et même désespérée d’un site face à un ennemi qui vous surclasse à tous points de vue, le questionnement face à un combat sans espoir…

David Gemmell développait là un peu plus son monde avant de s’engager dans des préquelles qui allaient nous amener d’autres héros aussi intéressants voir plus (mais j’y reviendrai lors de ma relecture de Waylander).

J’avais déjà lu ce roman en anglais bien avant sa traduction en français et je dois dire que je ne me souvenais pas de grand chose. Tenaka Khan ne m’était pas resté en mémoire sans doute parce que ontrairement à Druss ou Waylander, il n’apparaissait que dans ce roman et pourtant, ce sang-mêlé tiraillé entre ses loyautés opposées fournit à  ce récit un héro de poids. S’il n’a pas la carrure des deux héros principaux de la saga, il n’en est pas moins un guerrier redoutable qui a sa place dans la série.

En bref, un roman solide qui nous présente un personnage important dans la saga Drenaï et de nouvelles informations sur les trente notamment.

Ma note personnelle: 17/20
Le roi sur le seuil – David GEMMELL
Edition Kindle

 

L’Instant de la Vengeance – Edward Phillips Oppenheim

L'instant de la vengeance
Harewood et Carelton étaient associés en affaire. Hélas pendant qu’Harewood laissait Carelton s’occuper des placements de leurs clients e tout en menant sa vie, Carelton dépensait l’argent de leurs clients.   Lorsque le scandale éclata, Carelton n’était plus de ce monde et Harewood se retrouva seul devant la justice.

Souffrance, solitude humiliation s’étaient transformées en torpeur puis en rage. Condamné à 15 ans de prisons, Harewood ne souhaita plus avoir aucun contact avec le monde, même pas avec sa femme et ses enfants. Il ne vivait plus que pour s’en prendre à ce que son ancien associé avait laisse: un fils.

Sorti de prison Harewood est certain d’une chose: il est venu l’instant de la vengeance.

Une excellente nouvelle qui en plus de la vengeance aveugle  évoque aussi le thème du destin.

Ma note personnelle: 17/20
L’instant de la vengeance – Edward Phillips OPPENHEIM
Traduction Louis Labat révisée par  Jean-Daniel Brèque
Edition Kindle

Disponible sur Amazon ou en version epub chez les moutons électriques

Et n’oubliez pas d’aller visiter le Blog de la collection Baskerville, oeuvre de Fabrice Mundzik.

Dorrington, Détective Marron – Arthur MORRISON

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Un Avocat marron, tout le monde sait ce que c’est mais Dorrington n’est pas avocat, il est détective et pas un mauvais détective qui plus est. Ce qui fait de Dorrington un détective marron, c’est qu’il ne travaille en définitive que pour lui. Bien entendu, il parvient à résoudre des enquêtes pour ses clients mais s’il détecte au cours de cette enquête une possibilité d’enrichissement personnel, il n’hésite pas une seule seconde même s’il doit éliminer son client pour arriver à ses fins. Charmant personnage me direz-vous? C’est que Dorrington a en plus un don pour charmer ses futures victimes, et les frapper au moment où elles ont baissé leur garde!


J’ai trouvé ce recueil de nouvelles relativement original : d’abord le changement de perspective; dans la première nouvelle, le récit est raconté par la première victime alors que les nouvelles suivantes sont contées à partir des documents retrouvés dans les bureaux de l’agence Dorrington et Hicks par la première victime qui a reconstitué les événements.

Le deuxième point qui m’a intéressé, c’est la personnalité de ce détective, intelligent, pugnace mais totalement égoïste et dénoué de scrupules.

Enfin, il y a dans une de ces nouvelles (La mort étrange de M. Loftus Deacon) un petit côté « Harry Dickson » qui n’était pas pour me déplaire.

En résumé: Une excellente addition à la collection Baskerville

Ma note personnelle: 17/20
Dorrington, Détective Marron – Arthur MORRISON
Traduction Albert Savine, révisée par Jean-Daniel Brèque
Edition Kindle

Disponible sur Amazon ou en version epub chez les moutons électriques

ou en version papier chez Rivière Blanche

Et n’oubliez pas d’aller visiter le Blog de la collection Baskerville, oeuvre de Fabrice Mundzik.

Les mensonges de Locke Lamora – Scott LYNCH

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Locke Lamora orphelin de 6 ans est vendu au « Faiseur de Voleurs », un chef de bande vivant sous le cimetière de Camorr qui a réuni autour de lui des gamins de tout âge qui pratiquent toutes formes de vols sous couvert notamment de mendicité. Hélas, sur le trajet pour se rendre chez le Faiseur de Voleurs, Locke a déjà volé un « Veste Jaune » (nom donné aux membres de la police de Camorr), par la suite ? Locke se distingue par des idées brillantes mais dont il ne pèse pas les conséquences, par exemple lorsqu’il crie à la peste dans une taverne et que tous les clients s’enfuient, il récupère les biens oubliés mais n’a pas compris que les vestes jaunes seraient poussées à mettre le feu à la taverne. Le Faiseur de Voleurs décide donc de revendre Locke au prêtre aveugle du temple de Perelandro, le père Chains.

Locke ne tarde pas à découvrir que le père Chains est en fait un faux prêtre et un vrai voleur et chef de la bande des Salauds Gentilshommes. Cette bande est beaucoup plus petite que celle du Faiseur de Voleurs, ne comprenant que le père Chains,  Locke et les frères Calo et Galdo Sanza mais cette une bande qui travaille à un autre niveau. Auprès du père Chains, Locke apprend l’art du déguisement et du subterfuge, il apprend à devenir toute sorte de personnages notamment en apprenant la cuisine, les bonnes manières et toute sorte de talents très divers, il fait aussi comme les autres membres de la bande un passage en tant qu’apprenti dans un des 12 autres cultes de Camorr.

Les années ont passé, le père Chains est décédé et Locke est devenu chef de la bande, celle-ci s’est agrandie de deux membre, Jean Tannen qui a rejoint la bande peu après Locke et Moucheron, un jeune apprenti. Locke, c’est le cerveau et l’acteur de la bande, Jean son meilleur ami est le costaud de service (le père Chains ayant pris soin de faire entrer Jean chez le meilleur maître d’armes de Camorr alors que Jean était encore gamin), les frères Calo et Galdo jouent les seconds rôles tandis que Moucheron fait le guet, espionne et rend toutes sortes de petits services. La bande rend officiellement compte au Capa Barsavi, le parrain de la ville qui a la main mise sur toutes les bandes de voleurs de Camorr. En réalité, Les Salauds Gentilshommes ne déclarent qu’une toute petite partie de leurs activités et bafouent allègrement la « Paix Secrète » établie entre Barsavi et le duc de Camorr(cet accord prévoit que les voleurs ne s’en prendront ni aux nobles, ni aux vestes jaunes). Pour camoufler ses activités, Locke a inventé un personnage fictif : La Ronce de Camorr, personnage mystérieux, capable de toutes les audaces et dotés de toutes les qualités.

Alors que les Salauds Gentilshommes sont en train de mettre en œuvre leur dernier plan, l’enfumage d’une des familles nobles les plus riches de Camorr, ils se retrouvent mêlés à un conflit entre le capa Barsavi et un nouveau venu à Camorr : le Roi Gris. Ce dernier semble mener une guerre à Barsavi en éliminant les chefs de bandes affiliés à  Barsavi les uns après les autres. Et voilà que le Roi Gris a décidé de mêler les Salauds Gentilshommes à sa petite guerre. Les Salauds Gentilshommes Sauront-ils s’en sortir vivants?

 


J’ai lu ce roman avec beaucoup de retard puisqu’il y a déjà 3 tomes traduits en français (l’auteur en prévoit déjà 7) et donc bien au courant que cette série avait une excellente réputation.

Et effectivement, j’ai trouvé ce premier tome excellent, même s’il n’est pas sans défaut. L’ambiance est prenante, on est au cœur de l’action et il n’y  a pas beaucoup de temps morts. Bien sûr, il faut supporter les retours en arrière parce que l’on revient constamment sur l’enfance de nos gentilshommes ce qui peut perturber certains lecteurs mais c’est indispensable pour savoir ce qui distingue ces salauds des autres voleurs et comment s’est formée la bande et la force des liens qui unissent ses membres

Ce roman met surtout, à mon humble avis, en valeur la ville de Camorr avec son histoire qui se perd dans un passé lointain (on y trouve par exemple des bâtiments en Verre d’Antan laissés par une race mystérieuse, ce matériau ayant résisté au temps est apparemment indestructible), ses coutumes, ses religions et son folklore. Camorr est une ville portuaire composée de nombreux îlots reliés par des ponts, l’ambiance y est donc quelque peu vénitienne ce qui entraîne inévitablement l’imagination..

C’est un roman qui fonctionne très bien comme je l’ai dit, notamment grâce à une foule de détails comme une sorte de combats de gladiateurs sur l’eau  où les combattants sont sur des passerelles et affrontent des créatures marines, il y a aussi un établissement de crédit  très intéressant et certaines professions dont le développement a été assez fouillé comme les alchimistes par exemple.

Le seul reproche que je ferais, c’est qu’à force de « vivre » au milieu d’autant de voleurs, on a un peu l’impression qu’ils représentent une part trop importante de la population.

Pour les amateurs de Jeu de Rôle, il y a de nombreuses idées à reprendre pour jour à « Thieves World » par exemple ou Jouer dans la ville de Marienburg dans Warhammer JDR.

Ma Note personnelle: 17/20
Les Mensonges de Locke Lamora (Les Salauds Gentilshommes T1) – Scott LYNCH
Edition Kindle

A noter, un résumé très complet du roman sur Wikipedia et n’oubliez pas d’aller visiter le site consacré à la série

Si vous voulez d’autres avis, en voici quelques uns: Le Bibliocosme; Albédo; Le Culte d’Apophis; Herbefol

 

 

La paille dans l’oeil de Dieu – Larry NIVEN & Jerry POURNELLE

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Alors que l’empire humain a connu de nombreux soubresauts, les flottes impériales terminent de mettre les colonies rebelles au pas. Dans le système de la Néo Ecosse, un vaisseau spatial d’origine inconnue est repéré. Ce vaisseau ne répondant pas aux messages est bientôt arraisonné. A bord de ce vaisseau d’origine visiblement extraterrestre, les humains découvrent le corps d’un alien décédé depuis longtemps.

 En retraçant l’origine du vaisseau, les humains concluent que ce vaisseau a voyagé pendant des années en provenance de d’une étoile de type G qui a été nommée « La Paille dans l’Œil de Dieu ». Ce nom vient du fait que cette étoile apparaît en surimpression sur fonds d’une étoile super géante rouge, l’Oeil de Murcheson, située au delà de la Nébuleuse du Sac à Charbon. Vue de la Néo-Ecosse, cet ensemble ressemble à un visage d’homme encapuchonné qui aurait une paille dans l’œil.

Le capitaine Rod Blaine est chargé de diriger une expédition scientifique vers La Paille afin de prendre contact avec cette espèce extra-terrestre et de déterminer ses intentions.  A bord du croiseur Mac Arthur embarqueront une équipe de scientifiques pluridisciplinaire: linguistes, psychologues, anthropologues, physiciens…. Le Mac Arthur sera accompagné du Cuirassé Lénine commandé par l’Amiral Kutuzov. Le Lénine devra éviter tout contact avec les extraterrestres et détruire le Mac Arthur si celui-ci devait être contaminé ou pris par les extra-terrestres… L’Amiral Kutuzov doit aussi veiller à ce que les E.T. en apprennent le moins possible sur les humains.


Je ne vais pas résumer l’intrigue, cela serait trop long, qu’il me suffise de dire que nous avons ici un récit intelligent de premier contact (Surtout si l’on compare avec les autres récits de premier contact que j’ai lu auparavant où l’on a généralement affire à une race extra-terrestre qui veut anéantir tout ce qu’elle rencontre). Certes, le roman n’est pas sans défaut et, datant de 1974, légèrement dépassé au point de vue scientifique ou sociologique (les femmes y occupent une place quasi inexistante, à part la future épouse du héros, scientifique embarquée sur le Mac Arthur). Il s’agit aussi d’un roman américano centré, la plupart des personnages sont anglo-saxons, ce qui se voit aussi dans le nom des planètes comme la Néo-Ecosse. Nous sommes dans un Empire, avec une classe dirigeante noble ce qui pourrait paraître très peu probable de nos jours.

Le point fort de ce roman et c’est quand même le plus important dans un roman sur un « premier contact », c’est l’originalité de la culture E.T.. Les Pailleux comme viennent à les appeler les humains sont très différents de nous, à la fois physiquement(ils ont des membres asymétriques et sont répartis en plusieurs sous-espèces avec parfois de grandes différences de taille) et psychologiquement et j’ai trouvé cet aspect très réussi.

Lorsque le contact s’établit, il faut un certain temps pour arriver à ce que l’une des deux espèces parvienne à saisir le langage de l’autre et à ce jeu, ce sont les pailleux qui sont les plus forts. Commence alors  la phase de dialogue qui amène petit à petit à une compréhension au moins partielle de ce que les espèces veulent bien révéler. Car si l’on sait dès le début que les humains ne veulent pas révéler trop de leur passé belliqueux, on ne sait pas grand chose des pailleux. Ceux-ci semblent amicaux et très avancés sur certains points ce qui pourrait apporter de grands bénéfices pour l’espèce humaine(Une des sous-espèce de pailleux par exemple semble même être douée de génie pour la mécanique, ils sont capable de démonter un objet et de le modifier en augmentant son efficacité). Le débat s’engage alors entre les humains: les pailleux sont ils juste ce qu’ils ont l’air ou cachent-ils quelque chose.  La seule chose qui semble manquer aux pailleux, c’est la technologie qui permet d’avancer d’une planète à une autre en procédant par bonds. Cette technologie dont les humains disposent mais qui manque cruellement aux pailleux qui sont, dès lors, prisonniers de leur système stellaire.

Enfin, il faut venir au point qui fait débat sur ce roman qualifié de militariste, non point parce qu’il est rempli de personnages génocidaires voulant à tout pris exterminer une civilisation non-humaine ou qu’il y ait une suite de combats spatiaux ou planétaires mais bien parce que les scientifiques y  apparaissent comme de doux naïfs prêts à ouvrir les portes de l’empire à une espèce dont on ignore quasi tout alors que les militaires sont là pour veiller au grain et empêcher les catastrophes. C’est certes un point de vue présent et sans doute voulu par les auteurs dans le déroulement du récit mais de mon point de vue, un roman militariste est un roman qui met vraiment en valeur l’esprit militaire tellement supérieur au simple mortel (voir le roman de John Ringo commenté sur ce blog), je n’ai pas ressenti cet aspect là ici. On se trouve dans une histoire sur fonds militaire et il semble dès lors logique que les militaires y occupent une place prépondérante (un peu comme dans la série Honor Harrington).

Ma note personnelle: 17/20
La paille dans l’oeil de Dieu – Larry NIVEN & Jerry POURNELLE
Edition Pocket

Voir aussi cet article d’Apophis où il est question de ce roman

 

 

Légende – David GEMMELL

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Pour la première fois, les guerriers barbares Nadir ont été unifié. Le seigneur de guerre Ulric a réussi a soumettre toutes les tribus sous son autorité. Il a rassemblé une armée de 500.000 hommes et s’apprête à envahir le territoire de Drenaï.

Face à lui, une forteresse :  Dros Delnoch qui barre le seul passage à travers les montagnes. Dros Delnoch une citadelle et ses six murs externes qui suffisamment défendus sont infranchissables. Dros Delnoch la citadelle des contes de Bronze.  Seulement voilà, le comte de Bronze est mourant, le dirigeant actuel de Drenaï, Abalayn n’a laissé pour défendre la passe que 10.000 hommes, pour la plupart des paysans conscrits sans expérience du combat, sous le commandement de son neveu Orrin lui aussi inexpérimenté dans les matières militaires.

Alors que la horde Nadir se rapproche avec ses milliers de cavaliers, ses chamans pratiquants une magie démoniaque et les engins de siège qui ont été fabriqués par l’ingénieur d’Ulric, un homme arrive à Dros Delnoch. Un homme ? Non une légende vivante : Druss. Druss a atteint de statut en réalisant des exploits incroyables. Selon certains, il aurait tenu seul une passe face aux Vagrians, les repoussants à chaque assaut avant de les mettre en déroute. Bien sûr, il y a de l’exagération dans les récits mais il n’en reste pas moins que c’est un Guerrier exceptionnel, un géant qui équipé de sa redoutable hache à deux mains Snaga est véritablement mortel. Personne n’a réussi à le vaincre en combat singulier. De plus Druss n’est pas venu seul, il a réussi à convaincre Flécheur, le chef des brigands qui hantent les forêts de Drenaï ainsi que 600 de ses hommes de venir aider à la défense de Dros Delnoch.

Druss se met aussitôt au travail, il organise la défense et l’entraînement de la garnison afin de la préparer à l’attaque. Pendant ce temps, Virae, la fille du Comte de Bronze a été envoyée chercher l’aide des « trente » des moines-guerriers qui combattent pour défendre la Source de toute vie. Elle reviendra à temps, avec « les trente » et Regnak, un guerrier berserk qui lui a sauvé la vie, pour assister à l’arrivée des Nadir.

Lorsque les Nadir arrivent, Drus, les trente, Rek, les paysans et les hommes de la légion (une unité de cavalerie, seule troupe entraînée) se battent comme des lions ils repoussent assaut après assaut, mais sont bientôt forcés d’abandonner le premier mur beaucoup trop long à défendre, puis le second. Le désespoir commence à s’emparer des défenseurs. Drus a une soixantaine d’années, tous les soirs il a besoin de repos et de massages pour pouvoir récupérer de sa fatigue. Son organisme est usé et ne récupère plus aussi bien. Les archers de Flécheur ont promis de rester jusqu’au mur 3 avant de s’en aller. Les trente sont des guerriers redoutables qui communiquent par l’esprit, ils ont tué de nombreux Nadirs mais les premiers prêtres ont commencé à tomber. La horde Nadir est innombrable. Malgré la mort de milliers d’entre eux, il y en a toujours d’autres qui arrivent.


 

Pendant plusieurs années, j’avais arrêté de lire de la Fantasy, deux auteurs m’y ont ramené à l’époque : Glen Cook avec la Compagnie Noire et David Gemmell avec Legend.

L’auteur avoue s’être basé sur Alamo pour écrire son roman et on peut certes y voir quelques similitudes : des hommes qui se battent à 1 contre 50, des petites troupes disparates mais solides qui rejoignent la forteresse : (Pour Alamo : Jim Bowie et ses hommes, Davy Crocket et ses compagnons, quelques défenseurs du Texas qui amenèrent un canon de gros calibres – Pour Dros Delnoch : Regnak, « Les Trente », Druss, la Légion).

Il y a néanmoins quelques différences, notamment le fait que la forteresse n’est pas encerclée, les défenseurs pourraient partir à n’importe quel moment ou l’utilisation de la magie sous différentes formes.

Et puis finalement, il y a cette forteresse qui quelque part est le véritable héros de ce roman ? Une forteresse dont chacun des murs porte un nom :

Le premier mur : Eldibar, le mur de l’exultation : on y affronte l’ennemi pour la première fois, et on s’aperçoit qu’il n’est qu’un homme.

Le deuxième mur : Musif, le mur de l’angoisse : si on n’a pas réussi à tenir le premier mur, pourquoi réussirait-on à tenir le second ?

Le troisième mur : Kania, le mur du nouvel espoir : il est tenu par les survivants des deux premiers et est moins grand à défendre.

Le quatrième mur : Sumitos, le mur du désespoir : on est fatigué, on se bat par instinct, mécaniquement.

Le cinquième mur : Valteri, le mur de la sérénité : on y admet l’inévitabilité de sa mort, et on se serre les coudes pour faire face à l’ennemi

Le sixième mur : Geddon,  le mur de la mort

Cette forteresse où certains révèleront leur courage ou leur qualités de commandement, une forteresse entre les murs de laquelle certains mourront ou vivront héros ou des inconnus, nobles ou inconnus.

Légende est un excellent roman de divertissement. La grande originalité du cycle de Drenaï vient du fait que le premier roman clôture le cycle. Certains des éléments qui seront développés par la suite n’apparaissent donc ici qu’assez faiblement (Je pense notamment aux « trente » dont les pouvoirs seront bien mieux décrits par la suite ainsi que leurs combats contre les forces démoniaques ou à la relation très spéciale entre Druss et Snaga).

Les personnages sont très marquants, qu’il s’agisse de personnages avec un charisme puissant comme Druss ou de personnages qui évoluent au cours du récit. On a des personnages qui appartiennent à toutes les classes sociales, ce qui permet de voir plus d’aspects de la société Drenaï. L’auteur ne fait pas non plus abstraction du côté sombre des combats, il ne nous épargne pas les aspects les plus sanglants du combat et cela renforce le réalisme.

En résumé, un excellent roman qui s’il n’est pas exempt de défauts, en attirera plus d’un vers ce cycle des Drenaïs. Je ne saurais que conseiller de commencer la lecture de Gemmell par Légende.

 

Ma note personnelle: 17/20
Légende – David GEMMELL
Edition Kindle

 

Published in: on 23 décembre 2016 at 17 h 40 min  Comments (1)  
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