L’effet domino – Alex SCARROW

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Jenny Sutherland et ses enfants, Jacob et Leona ont survécu à l’effondrement de la civilisation survenu dans la « théorie des dominos« . Jenny, après avoir quitté Londres a trouvé refuge auprès d’une communauté mais celle-ci a été attaquée par des pillards. Jenny a alors fondé sa propre communauté sur un ensemble de plateformes de forages situées à une vingtaine de kilomètres des côtes anglaise. Une retraite quasi imprenable parce que la première plateforme se trouve à 30m de hauteur et qu’il est très difficile d’y accéder sans aide.

Cette communauté, dix ans après la catastrophe, regroupe environ 450 personnes qui vivent là sous la direction avisée de Jenny. Grâce à un élevage de poulets, les habitants ont du fumier qu’ils peuvent utiliser pour faire pousser des légumes et notamment des tomates. Ils ont aussi un générateur fonctionnant à base de méthane qui leur permet d’avoir un peu d’électricité en soirée.

L’autre communauté importante à avoir survécu est celle qui s’est établie sur la zone d’urgence 04. Dirigée par Alan Maxwell, elle a accueilli 2.000 personnes avant qu’Alan ne décide de fermer les portes. Ayant compris que la crise durerait bien plus que 12 semaines, Alan a vite fait le calcul: avec de la nourriture pour 60.000 personnes pour 12 semaines, il pourrait tenir plusieurs années en n’admettant que 2.000 personnes En rationnant les vivres et en essayant de créer quelques cultures, il pourrait tenir au moins dix ans et d’ici là, la civilisation aurait redémarré non?

Comme on le voit, dans la première approche, on tente de vivre en autarcie, en créant suffisamment de nourriture pour pouvoir continuer. Dans la deuxième, on survit en épuisant petit à petit un stock conséquent de nourriture mais sans envisager ce qui se passera après que le stock soit épuisé.

Lorsque Maxwell apprend l’existence de la communauté fondé par Jenny Sutherland, il y voit l’occasion de poursuivre son règne en s’emparant des plateformes pétrolières qu’il pense encore en activité.

Curieuse façon de commencer ce roman, l’auteur nous expliquant que 51 ans après la catastrophe, la reconstruction en cours doit tout à l’énergie d’une seule femme ; on s’attend dès lors à ce qu’il nous explique comment en fuyant Londres, les Sutherland ont trouvé un refuge et ont rebâti une communauté petit-à-petit.

Que nenni, après cette introduction de quelques lignes, nous nous retrouvons plongés 10 ans après la catastrophe, à une époque où l’on nous explique comment les deux communautés ont survécu (on a droit régulièrement à des flashbacks qui nous ramènent aux jours qui ont suivi immédiatement la catastrophe et qui permettent de comprendre les choix de Maxwell –sans devoir pour cela les approuver- notamment). Alex Scarrow nous montre les deux types de réactions, les gens de la zone de sécurité qui tentent de prolonger l’existence qu’ils ont connu en continuant à consommer sans songer à produire et ceux qui tentent de rebâtir ce qu’ils peuvent.

Nous suivons ensuite l’itinéraire de plusieurs personnages à l’intérieur des communautés de survivants puis à l’extérieur de celles-ci quand Jacob et Leona Sutherland décident de se rendre à Londres.

Alex Scarrow nous présente volontairement une vision noire de l’après catastrophe, il s’en explique dans la postface mais il vaut quand même mieux ne pas lire ce bouquin si on est déprimé.

Les humains sont au centre de ce livre ou plutôt l’homme avec ses faiblesses et son manque de vision à long terme. Après la catastrophe, on constate que les comportements abusifs, le profit, le vol, le meurtre ou le viol sont toujours présents comme si à la dernière heure l’humanité n’était même pas capable d’évoluer pour tenter de créer une société où l’entraide serait le moteur des relations humaines. Il nous met vraiment en face d’une société complètement désintégrée et apparemment incapable de se reconstuire.

Je ne partage pas entièrement son point de vue. A mon sens, et contrairement à ce qu’il écrit dans sa postface, il y a beaucoup plus de chances que de petites communautés disséminées survivent autour de villages fortifiés plutôt que des communautés importantes dans des espaces confinés.

Le principal intérêt de ce roman est cependant qu’il nous entraîne dans des réflexions sur la gaspillage dans notre société, sur l’évolution de celle-ci et sur l’aveuglement de ceux qui ne voient pas que sans changement radical, notre monde va droit vers l’effondrement. Même si le choc pétrolier invoqué dans la théorie des dominos se produisait plus lentement, même si nous trouvons des solutions de remplacement au pétrole, il n’en reste pas moins que nous ne pouvons pas continuer à croire à un système qui repose sur la croissance continue.

Tôt ou tard, la croissance continue va être battue en brèche et comme le dit Alex Scarrow, plus tôt on prendra conscience du problème, plus tôt on pourra prendre des mesures pour changer les choses.

Si ce roman nous porte à réfléchir, il n’en est pas pour autant un roman que vous aurez envie de relire. Je ne l’ai pas trouvé aussi réussi que l’effet domino et il m’a quand même fallu m’accrocher pour poursuivre dans cet univers post-apocalyptique pendant plus de 700 pages.

Un autre problème auquel l’auteur ne répond pas, c’est que l’on n’en sait toujours pas plus sur les personnes qui ont déclenché la catastrophe et sur les motifs de ceux qui l’ont déclenchée. Cela semble à la mode actuellement, un auteur nous parle des conséquences d’un événement mais nous laisse la cause et les motifs dans l’ombre, il suffit de voir, outre les présents romans d’Alex Scarrow, la série de John Birmingham ou le livre de W. Forsctchen

Ma note personnelle: 14/20
L’effet domino – Alex Scarrow
Le livre de poche – 739 pages

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Angels of Vengeance – John BIRMINGHAM

Angels of Vengeance

Alors que le président Kipper a vaincu les terroristes à New York, la situation reste très difficiles pour les survivants des Etats Unis d’Amérique. Le général Blackstone, gouverneur du Texas continue d’étrangler financièrement l’Etat fédéral en refusant de verser sa part de l’impôt fédéral alors qu’il dirige la partie la plus riche de ce qui reste des Etats-Unis.

Pendant ce temps, Cesky poursuit sa vendetta contre tous ceux qui l’avaient abandonné au Mexique . Miguel Peiraro meurt écrasé par une voiture, Jules et le Rhino en fuite en Australie, sont victimes de tentatives d’assassinat.

Trop, c’est trop, les anges de la vengeance sont lancés : Sofia Peiraro pensant que son père a été assassiné par des hommes à la solde du général Blackstone , décide de se rendre au Texas pour liquider le gouverneur. Kathleen se rend également au Texas pour vérifier si les allégations liant Blackstone et Al-Bana sont vraies et Jules, après avoir échappé aux tueurs de Cesky parviendra, avec l’aide de ses amis ex-ghurkas, à mettre la main sur celui qui dirige les tentatives d’assassinat pour Cesky.

 Ce troisième tome de la série est tout à fait dans la suite logique des précédents. Il y a beaucoup d’action, on ne s’y ennuie pas mais il manque à mon avis un but. On a bien l’impression de vivre dans ce monde post apocalyptique mais on n’a toujours aucune explication sur la nature de la catastrophe et apparemment, personne n’en recherche l’origine. Je trouve particulièrement courageux de la part de toutes ces personnes de s’installer sur les lieux de la catastrophe sans savoir si celle-ci ne va pas se reproduire.

Ma note personnelle: 16/20

Les anges de la vengeance – John Birmingham

Edition Kindle

L’avis d’Eumène de Cardie: http://notesdeumene.wordpress.com/2012/06/17/john-birmingham-angels-of-vengeance/

A deux doigts de la fin du Monde – Robert BARR

A deux doigts de la fin du monde

Alors que la Terre peine à nourrir ses enfants, on pourrait utiliser des engrais chimiques mais ne serait-il pas plus rentable de transformer l’Azote directement en Nourriture?

Cette idée géniale est rapidement adoptée par la quasi-totalité de la planète. Après tout qui refuserait une solution simple et sans danger pour éradiquer la faim dans le monde ? Sans danger, vous avez dit sans danger?

Encore une nouvelle qui mériterait de figurer dans une anthologie catastrophiste. Elle ne dépaillerait pas dans un des tomes de la grande anthologie de la SF. On y retrouve un peu les accents de Robert SHECKLEY.

Décidément, cet auteur méritait bien le travail de redécouverte entamé par Jean-Daniel Brèque. J’attends avec impatience de découvrir les aventures de Lord Stranleigh

Ma note personnelle : 18/20
A deux doigts de la fin du Monde  – Robert BARR
Collection e-baskerville
Traduction Jean-Daniel Brèque
Edition Kindle

Cette nouvelle peut être acheté sur Amazon à l’adresse suivante: http://www.amazon.fr/Deux-Doigts-Fin-Monde-ebook/dp/B00AKOBXQQ/ref=sr_1_35?s=digital-text&ie=UTF8&qid=1368262469&sr=1-35

On peut également acheter cette œuvre au format epub à l’adresse suivante: http://www.moutons-electriques.fr/livre-238

Sur Kobobooks ou sur le site de la FNAC

La Fin de Londres – Robert BARR

La fin de Londres

Lorsque le narrateur de cette nouvelle voit débarquer dans son bureau de la société londonienne Fulton, Brixton & Co un inventeur américain exalté, il est loin de se douter que celui-ci et son invention vont lui sauver la vie.

Le narrateur est secrétaire dans une firme spécialisée dans les produits chimiques et le matériel pour laboratoires.

Une des tâches qui lui incombe est de faire barrage aux différents individus qui sollicitent des entretiens avec son patron. Donc lorsque cet inventeur débarque dans son bureau, il lui affirme que Sir John Brixton est très occupé mais que s’il était disposé à lui communiquer la raison de sa venue, il aviserait Sir John dès que possible.

L’invention de l’américain contient en fait de l’oxygène fortement comprimé qui permettrait à une personne d’obtenir de l’oxygène pendant six mois ce qui dans une ville aussi polluée occasionnerait une nette amélioration de confort.

Après plusieurs visites, l’américain finit par forcer la porte de Sir John. Celui-ci l’écoute mais finit par le mettre dehors sans accepter de financer et de développer l’invention. Nullement démonté, l’inventeur américain laisse quand même son appareil dans le bureau du narrateur et le met même en marche pour lui prouver son utilité.

C’est cette dernière opération qui sauvera le narrateur…

Cette excellente nouvelle de science-fiction mérite de figurer dans toute anthologie catastrophiste digne de ce nom. Malgré son ancienneté (elle date de 1892), évoque déjà des problèmes  écologiques qui sont encore très actuels. Elle est de plus présentée comme écrite dans le milieu du XXème siècle alors que l’on a abandonné l’électricité au profit de l’éther vibratoire qui « a libéré l’homme de ses tâches les plus pénibles ».

Encore une fois, je remercie ici Jean-Daniel Brèque de m’avoir permis de découvrir cet excellent écrivain et éditeur.

Ma note personnelle : 16/20
La fin de Londres (The doom of London) – Robert BARR
Collection e-baskerville
Traduction Jean-Daniel Brèque
Edition Kindle

Cette nouvelle peut être acheté sur Amazon à l’adresse suivante: http://www.amazon.fr/La-Fin-de-Londres-ebook/dp/B00C4HEPTO/ref=sr_1_1?s=digital-text&ie=UTF8&qid=1365583901&sr=1-1&keywords=robert+barr+la+fin+de+Londres

On peut également acheter cette œuvre au format epub à l’adresse suivante: http://www.moutons-electriques.fr/livre-242

Sur le site de Kobobooks ou sur celui de la FNAC

La théorie des dominos – Alex SCARROW

  

Décembre 1999, Andy Sutherland remet un rapport qui lui a été commandé à trois inconnus dans une chambre volontairement plongée dans l’obscurité.

Ce rapport porte sur la probabilité de l’arrêt brutal et à long terme des livraisons de pétroles dans le monde et sur les conséquences de cet arrêt.

De nos jours, Andy se trouve en mission en tant qu’ingénieur civil en Irak. Depuis dix ans, il n’a cessé de penser à son rapport, celui-ci a tourné à l’obsession et a provoqué de graves conséquences au niveau de son couple qui se retrouve au bord du divorce. Andy est devenu paranoïaque, imaginant que ses conversations téléphoniques sont espionnées et que sa famille est surveillée.

Soudainement, la situation internationale commence à dégénérer très rapidement. Des émeutes commencées à la Mecque dégénèrent en affrontements dans tous les pays arabes. Au même moment, plusieurs raffineries et nœuds de distribution de pétrole à travers le monde font l’objet d’attaques terroristes.

Le pétrole se tarit très vite dans les pays occidentaux comme l’Angleterre où la loi martiale est décrétée.

Les troupes alliées sont rappelées brutalement dans leur pays respectifs. .Andy se retrouve avec un groupe de soldats britanniques, isolés loin des bases alliées. Poursuivis par les irakiens de tous bords, la petite troupe parviendra à gagner une base alliée en Turquie. De là, il cherchera à se faire rapatrier en Angleterre pour retrouver sa femme et ses enfants.

Pendant ce temps, nous découvrons que les craintes d’Andy étaient fondées, sa famille est bien en danger, menacée par l’organisation mystérieuse qui avait commanditée le rapport et qui semble utiliser le rapport pour saboter la production et la distribution de pétrole à l’échelle mondiale.

Après avoir lu successivement deux romans sur une patrouille temporelle, voilà que j’ai lu coup sur coup deux romans « catastrophistes ». Genre que je n’avais plus abordé depuis quelques années.

Alex Scarrow nous présente un roman efficace et convaincant au moins sur le fonds. Si le côté romancé est, comme dans « une seconde après (de William Forstchen), un peu faible, la description des conséquences de l’interruption de pétrole m’a, par contre parue particulièrement convaincante et effrayante.

Ma note personnelle : 15/20

La théorie des dominos
Alex Scarrow
Le Livre de Poche
570 pages

Voir aussi la suite: L’effet domino

Une seconde après – William R. FORSTCHEN

 

Lorsque tous les appareils qui contiennent de l’électronique tombent en panne au même moment dans la petite ville de Black Mountain (Caroline du Nord), seul l’ancien colonel de l’armée américaine John Matherson identifie la cause du problème : une IEM (Impulsion Electro-Magnétique).

Les heures passent puis les jours et les semaines et les habitants de la petite ville doivent bien se rendre à l’évidence, le phénomène a du toucher une partie importante des Etats-Unis pour que les secours n’arrivent pas et il va falloir s’organiser localement en attendant d’hypothétique secours.

S’appuyant sur les structures politiques et sociales existantes (mairie, police, pompier), Black Mountain va tenter de surmonter la crise en affrontant les problèmes successifs (afflux de réfugiés en provenance de l’autoroute toute proche où la plupart des véhicules se sont retrouvés bloqués par les pannes de systèmes électroniques) mais aussi des grandes villes des environs  qui elles ne peuvent nourrir leurs populations, manque de ressources (nourriture et médicaments essentiellement) du à la cessation quasi-totale des transports.

La ville de Black Mountain pourra faire face grâce à l’analyse précoce du colonel Matherson et à deux où trois atouts, par exemple :

1°) La présence d’un collège où étudiaient de nombreux jeunes gens en âge de prendre les armes pour défendre leur ville d’adoption (forcée pour tous ceux qui s’y sont retrouvés bloqués) contre les bandes de pillards.

2°) La possibilité pour Black Mountain de pratiquer un chantage envers la ville voisine de Charlotte (un million d’habitants) : si vous nous envoyez des réfugiés, nous vous coupons votre alimentation en eau.

3°) La présence de quelques citoyens qui ont collectionnés les souvenirs et les livres sur la guerre de sécession, ce qui permettra de réutiliser quelques techniques de l’époque notamment pour l’utilisation des machines à vapeur.

La fin du roman nous apporte quelques éclaircissements sur la cause de l’IEM mais ne présage pas de l’avenir de la petite ville et du reste des Etats-Unis.

 

Dans l’ensemble, j’ai bien aimé ce bouquin. La partie romancée est peut-être un peu faible mais les conséquences à court, moyen et long terme me paraissent assez réalistes. On voit très bien dans le roman à quel point nous sommes devenus dépendants de l’électronique et les conséquences qu’une IEM aurait sur notre mode de vie. On assiste petit à petit à l’épuisement des ressources modernes et à l’adaptation à une vie plus rurale. On suit également la décadence de certains de ceux qui ne peuvent s’habituer à l’écroulement de leur mode de vie.

 

Ma note personnelle : 15/20

William R. FORSTCHEN
Une seconde après
Le livre de poche
478 pages.

Published in: on 6 mars 2012 at 22 h 39 min  Comments (14)  
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