Les lunes de sang – Anaïs CROS

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Anaïs Cros ne s’en cache pas, et c’est d’ailleurs repris sur la quatrième de couverture, « Lunes de sang » est une sorte de transfert de l’univers Holmésien en fantasy.

Nous assistons donc à la rencontre entre le détective et le médecin comme dans le roman de Conan Doyle sauf qu’ici le médecin est un nain et le détective un demi-humain, demi-elfe et demi- lunaire (oui je sais, cela fait trois moitié et alors ?). Les lunaires sont des humanoïdes habitués à la vie nocturne (leurs yeux aux globes oculaires entièrement noirs sont aveugles), à  la peau très pale, ils ont les cheveux blancs et ceux-ci noircissent avec l’âge ; les lunaires ont également des crocs effilés qui dépassent de leur mâchoire et des cornes bleutées qui dépassent entre les cheveux.

Evrahl est venu à Lunargent, la capitale du royaume de  Mortelune pour en tuer le roi. Il rend le roi Torn responsable de la mort de sa famille. En effet lors de la guerre qui opposait le royaume de Mortelune et ses alliés (dont les nains) aux cités indépendantes, l’un des généraux des cités indépendante s’est emparé de la cité naine de Kelrhun où vivait la famille d’Evrhal (celui-ci s’était porté volontaire comme médecin dans l’armée).  Encerclé par une armée de Mortelune, le général des cités indépendantes menaça alors de massacrer les habitants de la ville si l’assaut était donné. L’assaut fut donné et le général mis sa menace à exécution.

Evrahl n’est pas seul dans sa quête de vengeance, de nombreux nains veulent tirer vengeance de Torn mais il y a également des humains et des elfes qui veulent attenter à sa vie pour la même ou pour d’autres raisons. Hébergé par un ami elfe, Finoeil, Evrahl a rassemblé autour de lui beaucoup de mécontents et il a été élu chef d’un groupe de comploteurs.

Comme Evrahl commence à se sentir de trop chez Finoeil, il se cherche un logement dans ses possibilitésfinancières et où il pourrait exercer sa profession de médecin. Il finit par trouver une offre de colocation chez un des clients de Finoeil, un demi-lunaire du nom de Listak. Comme l’appartement lui convient parfaitement, il s’y installe.

Ce n’est qu’après s’être installé qu’Evrahl découvre que Listak est en fait un détective auquel le roi lui-même fait appel pour résoudre certaines affaires que sa police n’arrive pas à régler. Les choses se corsent quand Listak est chargé d’enquêter sur un complot visant à assassiner le roi Torn…

Evrahl va donc devoir jour les équilibristes pour pouvoir mener son projet à bien alors qu’il vit dans la même maison que celui qui est chargé de l’arrêter.

J’ai trouvé ce premier roman d’Anaïs Cros excellent, le jeu du chat et de la souris entre Ervahl et Listak est très bien rendu. Bien entendu le récit est raconté du point de vue du docteur Evrahl (comme les Sherlock Holmes étaient racontés par Watson) mais on sent très bien les tensions qui montent, le doute qui s’installe chez Evrahl lorsqu’il apprend à mieux connaître Listak et son questionnement perpétuel : Est-ce que Listak sait quelque chose, tout ou rien ? La psychologie des personnages est excellemment rendue jusqu’aux  envies suicidaires qui s’emparent d’Evrahl lorsqu’il pense à sa famille disparue… Le style d’Anaïs Cros est très bon même si j’ai trouvé quelques longueurs dans ce premier tome (il y en a 4 de parus dans cette série à l’heure où j’écris ces lignes). Ce défaut étant cependant rattrapé par une très bonne fin de roman.

Anaïs Cros a réussi a créer un univers très personnel où les lunes sont omniprésente : le royaume de Mortelune dont la capitale est Lunargent où l’on trouve le château de castelune et où plusieurs quartiers portent des noms en rapport avec la lune : le quartier de la lune noire, le quartier des lunes jumelles, il y a aussi un calendrier dont les mois portent des noms en rapport avec la lune, une fête des lunes de sang (le nom venant d’un moment de l’année où les deux lunes ont cette couleur) et surtout la race des lunaires. Bien entendu le fait que la monde soit baigné dans la lumière de deux lunes jumelles  peut aisément explique cette omniprésence.

Ma seule critique serait que quand on développe un univers aussi original que l’est celui-ci, on devrait continuer dans ce sens. Pourquoi utiliser des races aussi connues que les nains et les elfes (en choisissant de ne pas conserver l’image de ces races que Tolkien a tellement répandue dans l’univers de la Fantasy). Dans ce roman, les elfes où les nains pourraient être assimilés à d’autres races humaines étant donné qu’ils ont les mêmes défauts que les humains. Personnellement, j’aurais choisi, soit d’autres comportements  pour les personnages de ces races, ou mieux encore d’autres races. Si Anaïs Cros a créé de très originaux lunaires ou lutins, elle aurait aussi pu créer deux autres races pour remplacer les nains et les elfes.

Je dirais la même chose pour les plantes ou même pour le jeu d’échec. Pourquoi ne pas continuer dans l’originalité et imaginer des plantes où des jeux à l’image du reste de la planète (là je renverrai à celui qui à mon avis est le maître en la matière, à savoir : Jack Vance).

Ma Note personnelle :16/20
Anaïs Cros – Les lunes de sang
Editions Lokomodo
606 Pages

In Her Name – First Contact – Michael R. HICKS

In her Name_First contact

Comme son nom l’indique, ce premier tome de la trilogie « Last War »raconte l’Histoire d’un premier contact entre les humains et une race extra-terrestre, en l’occurrence ici, les Kreelans. Le commandant Owen Mc Claren à bord de l’Aurora (un vaisseau d’exploration un peu dans le style de l’entreprise de Star Trek) arrive dans un système stellaire encore inconnu et les détecteurs du vaisseau repèrent plusieurs mondes habités ainsi que 4 énormes vaisseaux qui se dirigent aussitôt vers l’Aurora.

Alors qu’il tente d’entrer en contact avec les vaisseaux inconnus, l’Aurora est soudainement privé d’énergie et se retrouve abordé par les extra-terrestres. Ceux-ci, les Kreelans, font partie d’une race de guerriers (où plutôt de guerrières) qui honorent leur impératrice en combattant pour elle. Elles ne laisseront qu’un seul survivant, le messager chargé d’annoncer la venue des Kreelans aux humains et de leur laisser le temps de se préparer. Ce messager a reçu un artefact qui représente le monde qui sera attaqué et cet artefact se noircit petit-à-petit permettant de calculer à quel moment il sera complètement noir (moment de l’attaque)

Les Kreelans étendent leur domination sur plus de dix milles mondes. Fruit d’une longue évolution, elles ont des connaissances technologiques en avance de plusieurs millénaires sur les humains et  pourraient les écraser très facilement (comme elles ont éliminés toutes les autres races rencontrées jusqu’ici) s’il n’y avait la prophétie…

Si la série de Michaels R. Hicks n’est sans doute pas la série du siècle, il a cependant trouvé un bon moyen de créer une série à longue durée avec des combats équilibrés.

La chanson du sang est présente en permanence dans la vie des Kreelans. C’est une forme de lien qui permet aux Kreelans de communiquer dans un mélange de télépathie et d’empathie. Les pouvoirs psychiques des Kreelans ne s’arrêtent pas là puisque certaines d’entre-elles sont capables de transformer une matière brute pour en faire à peu près n’importe quoi et les plus puissantes peuvent se transporter d’un bout de l’Empire à un autre.

Mais la première impératrice a maudit la race des Kreelans, les femelles de l’espèce ne peuvent plus se reproduire qu’à intervalle régulier mais espacé. De plus de génération en génération, il y a de moins en moins de mâles (ceux-ci sont réduits au rôle de reproducteurs écervelés et meurent après l’accouplement) qui naissent et de plus en plus de femelles qui naissent stériles.

La race est condamnée à moins que ne s’accomplisse la prophétie. Celle-ci prédit que la malédiction sera retrouvée si les Kreelans parviennent à retrouver le tombeau de la première impératrice et si elles parviennent à trouver une autre race qui pourra chanter la chanson du sang. Comme les guerrières perçoivent la chanson du sang avec beaucoup plus de force pendant les combats au corps à corps (un peu comme un pic d’adrénaline), les Kreelans espèrent qu’en poussant les humains au maximum de leur possibilité, elles déclencheront chez un membre de cette race la chanson du sang et qu’elles pourront alors vaincre la prophétie.

Il ne faut pas chercher une pensée philosophique profonde dans ce bouquin, on sent le prétexte à écrire une série où cela va tirer dans tous les sens mais c’est un dans le genre, c’est un roman de bonne facture et qui pourrait certainement servir de base à une campagne de jeu de rôle (du moins pour un JDR style militaire comme Warhammer 40.000). Et puis cerise sur le gâteau, ce premier tome est GRATUIT.

Ma note personnelle : 15/20
First Contact – In Her Name – Michael R. Hicks
Kindle Edition

The Bookman – Lavie TIDHAR

The Bookman histories

Orphan est orphelin (comme son nom l’indique)  et poète, il n’a pas connu ses parents et a été élevé par Jack un libraire qui l’occupe comme vendeur. Orphan vit dans un Londres très différent du nôtre. Dans son monde, La famille royale qui gouverne Britannia est constituée de Lézards humanoïdes qui dirigent les humains. Si la plupart des postes important sont encore occupés par des humains, c’est notamment lié au nombre relativement restreint de lézards.

Dans le Londres d’Orphan, Moriarty est premier ministre, Mycroft Holmes est toujours un personnage important du gouvernement et Irène Adler est inspecteur à Scotland Yard.

Dans le Londres d’Orphan, les baleines bleues chantent sur la Tamise, le premier ministre Moriarty s’apprête à célébrer le lancement de la sonde martienne et les hansoms cabs partagent la chaussée avec les baruchs-landaus (véhicules sur roues mus par la vapeur), les messages sont captés sur des récepteurs Tesla, l’Amérique s’appelle la Vespusie et ses habitants les Vespusiens (.

Enfin, dans le Londres d’Orphan, il y a Gilgamesh, le clochard aveugle qui vit sous les ponts et qui a apparemment connu les parents d’Orphan, il y a Lucy, le premier et grand amour d’Orphan,  qui étudie le chant des baleines, il y a enfin « le Bookman », personnages mystérieux qui sème la terreur dans Londres via des livres piégés. Certains prétendent même qu’il peut entendre ce que disent les gens qui sont à proximités des livres.

Orphan est un jeune poète contestataire, il s’attaque aux conformistes mais à part cela, il ne crée pas de vague. Sa vie est cependant sur le point de changer. Alors qu’il assiste à une représentation d’une pièce de théâtre, Henry Irving, l’acteur principal est tué par un livre piégé. A partir de là, les événements commencent à s’enchaîner, Lucy est désignée pour déposer un enregistrement du chant des baleines (sur un tube edison)  à l’intérieur de la sonde martienne, le Bookman reprend contact avec Gilgamesh et le fait disparaître. Orphan retrouve un message de Gilgamesh qui lui dit avoir connu le « bookman » auparavant et le met en garde car selon lui, la prochaine cible du « bookman » pourrait être la sonde martienne. Mais au moment où Orphan apprend la nouvelle, la cérémonie a commencé. Orphan se précipite vers le leu du lancement. Il arrive au moment où Lucy dépose l’enregistrement dans la sonde, lui crie d’arrêter mais au moment où elle se tourne vers lui, l’enregistrement explose.

Lorsqu’Orphan se réveille, la vie semble s’être arrêtée pour lui, comment continuer sans Lucy. Interrogé par Irène Adler sur son intervention au moment de l’attentat, il ne peut pas lui apprendre grand-chose mais Irène lui donne cependant un espoir. Lors des attentats, les appareils de la police ont enregistrés des ondes qui pourraient correspondre à une sorte d’enregistrement de la personne tuée, cette hypothèse semble corroborée par le fait que le corps de l’acteur qui a donné le livre à Henry Irving, la victime de l’attentat précédent, a été retrouvé dans un entrepôt et que la date de son décès est antérieure à l’attentat. Il ne pouvait donc pas donner le livre à Henry Irving sur scène.

Peu de temps après sa sortie d’hôpital, Orphan est contacté par le « bookman » qui lui soumet une proposition : il récupère Lucy en échange de la destruction de la sonde martienne. En effet, la sonde qui a été détruite était une copie. L’originale doit être lancée depuis l’île de Caliban (l’île dont les lézards sont originaires).

The bookman est un livre référence, il pourrait être parodique à force de références, qu’on y songe, on croise Moriarty, Sherlock Holmes, Mycroft Holmes, Irène adler, Jules Verne et le capitaine Nemo, le simulacre de Lord Byron ainsi que de nombreuses références vaporistes : Edison, Tesla et d’autres que je n’ai sans doute pas reconnu, il y aussi des figures historiques telles que Karl Marx, Tom Thumb (alias Charles Sherwood Stratton), Isabella Beaton, John Nevil Maskelyne… Tous ces personnages n’ayant bien entendu pas le même rôle que dans la vie réelle.

C’est aussi un roman assez dense, il s’y passe beaucoup de choses et on n’a pas le temps de s’y ennuyer. Si au début, cela à l’air un peu touffu, à la fin tout se clarifie et tous les mystères s’expliquent (par exemple l’origine des lézards et leur montée sur le trône de Britannia, l’identité réelle d’Orphan ou du Bookman…)

Le seul reproche que je ferais c’est que j’ai eu un peu l’impression que l’auteur essayait d’y mettre un maximum d’éléments et de références steampunk ce qui finit par faire un peu lourd.

Ma note personnelle: 16/20

The Bookman (1ère partie du Livre dont l’image est reproduite ci-dessus) – Lavie TIDHAR
Edition Kindle

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