L’empire ultime (fils des brumes-1) – Brandon SANDERSON

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Il y a longtemps, celui qui allait devenir le seigneur-maître a affronté l’innommable et l’a vaincu, sauvant ainsi le monde. Devenu immortel, il a établi son emprise sur le monde entier.

Le seigneur-maître règne sur le monde de son palais de Luthadel, la capitale de son empire. Il s’appuie sur son armée mais aussi sur les nobles qu’il contrôle au moyen d’une administration fondée sur les obligateurs et les inquisiteurs. Ensemble, ils maintiennent leur contrôle sur l’immense majorité de la population composée de skaa. Les obligateurs établissent les contrats, ils veillent à leur bonne exécution, ce qui oblige les nobles à tenir leur parole tandis que les inquisiteurs, redoutables mages allomanciens font régner l’ordre tant parmi les nobles que parmi les skaas. Les seuls qui semblent échapper à l’autorité du seigneur-maître sont les voleurs qui vivent le plus souvent en bande, dans les quartiers skaas.

Les nobles vivent dans un monde à part, dépensant le bénéfice de leurs activités dans des fêtes et des bals somptueux où ils font étalage de leur fortune. Ce sont eux qui font tourner l’économie du royaume en contrôlant les forges, les aciéries, le commerce et les cultures (ils possèdent les terres que cultives les esclaves skaas). Ils ont le droit de cuissage (et en général, ils tuent les jeunes filles avec lesquelles ils ont couché pour ne pas laisser de bâtards derrière eux), ils peuvent exécuter les skaas pour des crimes réels et supposés.

Seuls les nobles (et les inquisiteurs) sont censés pratiquer la magie allomantique (celle-ci est basée sur la combustion de différents métaux par les mages. La plupart des mages ne peuvent utiliser qu’un seul métal, ils sont alors connus sous un nom se rapportant à la magie qu’ils contrôlent (Par exemple un mage qui ne peut utiliser que le potin pour augmenter sa force est désigné sous l’appellation « Cogneur ») tandis que certains mages peuvent brûler tous les métaux et sont connus sous le nom de « fils des brumes ».

Le monde a changé depuis que le seigneur-maître a affronté l’innommable, les cendres tombent continuellement du ciel. Les skaas en ont oublié la couleur naturelle des plantes ou de l’herbe. La nuit, les brumes s’abattent et personne ne sort dans les brumes parce qu’il y a des créatures étranges qui y rodent et ceux qui sont sortis dans les brumes n’en sont jamais revenus dit-on.

Les skaas sont moralement abattus, ils travaillent pour les nobles dans les forges et les aciéries ou dans les champs pour ceux qui vivent à la campagne et sont taillables et corvéables à merci. Nul espoir ne semble leur rester sauf quand une bande de voleurs accepte un contrat tout-à-fait particulier, il s’agit de renverser le seigneur-maître, ni plus ni moins…

 

A l’entame de ce gros pavé, j’avais mes doutes et mes attentes, Brandon Sanderson s’est fait une solide réputation et j’étais curieux de voir s’il était à la hauteur de ce que j’avais lu sur lui. Ce n’est pas la première fois ces dernières années que j’aborde un roman d’un auteur que l’on présente comme la révélation de l’année (voir de la décennie ou du siècle) et j’ai plus d’une fois été déçu de ne pas découvrir un ouvrage à la hauteur des critiques dithyrambiques de certains.

Rien de tout cela ici, « Fils des brumes » est sans doute l’un des meilleurs romans de Fantasy que j’ai lu ces dernières années, Brandon Sanderson a su créer un univers original et riche. Qui plus est, c’est un excellent conteur.

Les personnages qu’il a créé ont leurs failles et leurs faiblesses, il leur arrive aussi de se tromper. Cela peut paraître normal à certains de ceux qui liront ces lignes mais réfléchissez au nombre de héros sans failles qui prennent toujours les bonnes décisions et qui mènent leur peuple à la victoire sans douter de leurs actions ou décisions, vous verrez que ce n’est pas si courant d’avoir un héro « humain » (sans tomber dans l’excès inverse comme par exemple « l’assassin royal » de Robin Hobb).

Le système de Magie est au cœur du récit. Il pourrait paraître simple mais c’est l’utilisation qui en est faite qui rend le récit intéressant.

La magie dans « Fils des brumes repose sur « l’allomancie » , la faculté de « brûler » des métaux que l’on a préalablement ingurgité. Les effets que l’on retire de cette magie peuvent être contrôlés en brulant plus ou moins vite les métaux.

Les métaux les plus couramment utilisés sont au nombre de 8:

Le Fer: Exerce une traction sur les métaux à proximité , un allomancien qui n’utilise que le Fer est appelé « Aimant »
L’Acier: Exerce une poussée sur les métaux à proximité, un allomancien qui n’utilise que l’acier est appelé « Lance-pièces »
L’Etain: Affine les sens, un allomancien qui n’utilise que l’étain est appelé « Œil d’Etain »
Le Potin: Accroît les capacités physiques, un allomancien qui n’utilise que le Fer est appelé « Biceps ou Cogneur »
Le Cuivre: Masque l’allomancie, un allomancien qui n’utilise que le cuivre est appelé « Enfumeur »
Le Bronze: révèle l’allomancie, un allomancien qui n’utilise que le bronze est appelé « Traqueur »
Le Laiton: Apaise les émotions, un allomancien qui n’utilise que le laiton est appelé « Apaiseur »
Le Zinc: Attise les émotions, un allomancien qui n’utilise que le zinc est appelé « Exalteur ».

A ceux-là, il faut rajouter dans ce volume (apparemment, d’autres métaux et leurs utilisations apparaissent dans les tomes suivants): l’or(qui permet à un allomancien de voir ce qu’il aurait pu devenir s’il avait fait des choix différents) , l’atium (qui permet de voir les actions qu’une personne va accomplir dans les secondes qui suivent) et le onzième métal (Malatium dont je préfère parler dans ma chronique du second tome quand je l’aurai lu).

Les métaux qui semblent le mieux utilisés dans le roman sont le fer et l’acier. En effet, la poussée ou la traction exercée sur le métal dépendent du poids du métal et du poids de l’allomancien. Un allomancien peut jeter une pièce en l’air et la pousser plus ou moins loin en fonction de la quantité et de la vitesse à laquelle il brule de l’acier, ce qui lui permet d’envoyer des projectiles sur un adversaire. Par contre en jetant une pièce au sol et en exerçant une poussée dessus, l’allomancien va se propulser en l’air puisque la pièce ne peut pas reculer. Il se propulsera à la hauteur voulue en calculant la quantité d’acier à bruler.

Enfin, le final est intéressant et réserve quelques surprises.

Je ne vais pas en révéler trop mais je vous encourage vivement à lire cet ouvrage.

Ma note personnelle: 18/20
Fils des brumes – Brandon Sanderson
Le livre de poche – 906 pages

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