Demain les chiens – Clifford D. SIMAK

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« Demain les chiens » est un recueil de 8 contes que les chiens tentent d’analyser afin de répondre à des  questions existentielles comme :

C’est quoi l’homme ?

C’est quoi une ville ?

C’est quoi une guerre ?

Dès la préface de l’éditeur, le lecteur se trouve déjà confronté, non seulement à des chiens qui pensent, communiquent et se posent des questions mais aussi à la disparition et l’oubli de l’humanité à un point tel que ces récits ne peuvent se situer que dans un futur très lointain.

Les trois questions reprises ci-dessus suffisent à déjà titiller l’imagination :

En effet, d’une part si les chiens se posent des questions, cela veut dire qu’ils ont vu leur intelligence se développer au point de pouvoir échanger des points de vue sur des questions philosophiques complexes. Ensuite, on apprend que les chiens n’ont plus de connaissance de l’homme, ce qui semble indiquer que celui-ci a totalement disparu et apparemment depuis longtemps. La deuxième question épaissit le mystère puisque non seulement l’homme a disparu mais en plus, il ne semble plus rester de traces de celui-ci puisque même les villes qui sont sans doute à l’heure actuelle (et c’était déjà vrai à l’époque lointaine où Simak a écrit ces nouvelles) une des marques les plus visibles de la présence humaine, ont disparu.

Enfin la troisième question nous laisse un espoir, si l’homme a disparu, quelles que soient les raisons de sa disparition, le chien, ce compagnon fidèle de l’homme depuis la préhistoire et en quelque sorte son prolongement, semble lui ne pas connaître la guerre.

Chacun des contes présentés dans ce recueil est précédé d’une « note » ex : « note sur le premier conte » où on assiste à une analyse du conte avec les avis contradictoires de plusieurs experts en la matière : Skip, Voyou, Tige…

Suivent les contes eux-mêmes qui nous permettent, au travers de l’évolution de la famille Webster, de suivre le lent déclin de l’humanité. On comprend en les lisant que l’Homme a quitté les villes : l’énergie nucléaire gratuite et à la portée de tous, les avions et hélicoptères familiaux qui ont rendu l’usage de la voiture et des routes obsolètes, l’agriculture hydroponiques qui a rendu l’agriculture classique désuète et permit l’acquisition de terres à bas prix, l’usage de plus en plus répandu de robots domestiques. Tous ces progrès ont permis à l’homme de quitter les villes et de se libérer de la plupart des tâches domestiques.

Vinrent ensuite la longévité augmentée, les voyages interplanétaires ; les civilisations extra-terrestres mais aussi les mutants, des humains doués de capacités extraordinaires comme la faculté de comprendre en quelques secondes un problème mécanique, physique voire philosophique.

Un des contes raconte comment l’un des Webster, chirurgien renommé souffrant d’agoraphobie, n’a pas réussi à quitter sa maison pour sauver juwain, un savant martien de ses amis qui était sur le point d’aboutir sur une avancée philosophique majeure pour l’espèce humaine. Les Websters porteront désormais le poids de cet échec, de la mort de Juwain et de la disparition de son œuvre.

Alors que l’humanité se disperse dans les étoiles, certains sur Terre commencent à penser au sommeil artificiel pour quelques années, siècles ou millénaires…, un des Websters a opéré des chiens pour leur permettre d’accéder à la parole et à l’intelligence. Les robots et notamment Jenkins, le robot majordome des Websters prennent de plus en plus de place, s’occupent des chiens et acquièrent de plus en plus d’autonomie.

Je ne vais pas tout raconter, il vous faudra découvrir le reste et la solution aux questions soulevées ci-dessus par-vous-même…

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Ces contes ont été écrits pour la plupart dans les années 40 et 50 à une époque où Simak était plein de désillusion pour la race humaine et cela se ressent dans le ton de ses contes. Le dernier récit, « Epilogue », qui n’est pas un conte voit Jenkins revenir sur Terre et constater ce qu’elle est devenue avant de s’embarquer dans une nouvelle aventures.

Demain les chiens est un classique de la SF, considéré par beaucoup comme un des chefs-d’œuvre de la SF, notamment pour les nombreuses questions que sa lecture soulève. Personnellement, je lui préfère « Carrefour des Etoiles », qui est beaucoup moins mélancolique et également excellent.

En parcourant mon blog, je suppose que vous remarquerez qu’il fait la part belle aux récits aventureux, voire guerriers et cependant, Simak fait partie de mes auteurs préférés. Ses récits qui nous emmènent souvent dans une Amérique pastorale sont toujours très bien écrits et méritent toute votre attention.

L’Edition actuelle est augmentée par rapport aux éditions précédentes notamment par une préface de Robert Silverberg de 1996, un avant propos de l’auteur de 1976 et un court récit « Epilogue » de 1971.

La Traduction de Jean-paul DURASTANTI est excellente.

Ma Note personnelle: 16/20
Demain Les Chiens – Clifford D. SIMAK
Nouveaux Millénaires – 284 Pages

Ce qu’ils en pensent:

Charybde

Les murmures d’A.C. de Haenne

Guillaume Traqueur-Stellaire

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Les revenants de Whitechapel – George MANN

  

Dans un Londres victorien où les trains roulent à toute vitesse dans les rues sur leurs roues en bois, Sir Maurice Newbury est l’un des agents officieux de sa majesté. Spécialiste des affaires paranormales, il est également appelé à intervenir dans les affaires délicates.

Et justement, voilà qu’une affaire délicate se présente : Un dirigeable s’est écrasé et apparemment, un personnage apparenté à la reine se trouvait dans le dirigeable.

Sir Maurice et sa nouvelle assistante, Miss Veronica Hobbes découvrent plusieurs éléments troublants dès le début : On refuse de leur communiquer le nom du parent de la reine, les passagers du dirigeable semblaient enchaînés à leur siège et enfin, le pilote du dirigeable était un robot et celui-ci a disparu !

Sir Maurice est appelé à enquêter en même temps sur l’apparition d’un policier fantôme qui se ferait justice le soir venu dans les rues brumeuses de Londres et pour ne rien faciliter, il doit compter sur un virus mystérieux qui relève les morts et les rend vecteurs de la maladie.

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J’ai bien aimé ce bouquin, début d’une série « intitulée les enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes ». Ce n’est pas un livre sans défaut, on se croirait par exemple par moment dans un mélange de Sherlock Holmes(Sir Newbury est accroc au Laudanum comme Sherlock l’était à l’héroïne) et de Chapeau Melon et bottes de cuir (là je pense particulièrement au comportement de Hobbes mais je n’en dirai pas plus pour laisser le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs). Ce qui est le plus réussi dans le roman, à mon humble avis, c’est le monde Steampunk qu’a créé l’auteur ainsi que le dénouement des différentes intrigues.

Au final un bouquin que je recommande même si l’éditeur a entre-temps fait faillite et que vous devrez attendre une éventuelle reprise de la série par un autre éditeur ou lire les deux volumes suivants en Anglais(Oui je sais Frédéric).

La série comprend actuellement :

  1. The Affinity Bridge (Les revenants de Whitechapel)
  2. The Osiris Ritual
  3. The Immorality Engine
  4. The casebook of Newbury & Hobbes (Série d’histoires courtes explorant l’univers Steampunk de Newbury & Hobbes)

Ma note personnelle : 16/20
Les revenants de Whitechapel – George MANN
Editions PANINI

Les revenants de Whitechapel Les enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes T1 Editions Eclipse 341 pages

Bonne nouvelle pour ceux qui, comme moi auraient bien aimé ce premier tome, les éditions PANINI viennent de le  rééditer ce qui permet d’espérer que les suites seront aussi publiées.

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