Pavane – Keith ROBERTS

Pavanr_0001   Pavanr_0002

Suite à la victoire de l’Invincible Armada en 1588, la reine Elisabeth a été assassinée et l’église catholique a pris le contrôle de l’Angleterre et de ses colonies (y compris l’Amérique).

Au travers de plusieurs récits, nous découvrons les caractéristiques de cette Angleterre qui au XXème siècle est toujours féodale. L’Eglise refuse la plupart des évolutions technologiques. Dès lors, la révolution industrielle n’a pas eu lieu. On n’y connaît ni routes goudronnées, ni chemin de fer, encore moins le télégraphe ou le téléphone.

Certes on a des locomotives à vapeur mais elles ne roulent pas sur des rails, elles circulent librement à travers les villes et les campagnes sur leurs roues. On a aussi quelques rares automobiles, privilèges des très riches. Les communications se font à travers un réseau de tours de Sémaphores.

La première histoire de cet ouvrage nous présente une famille de conducteur de train à vapeur. Le premier récit voit Jesse Strange, suite à une déception sentimentale et à la trahison d’un ancien camarade de collège, s’impliquer à fond dans son entreprise et entamer le début de l’ascension de la société Strange et fils aux manettes de sa locomotive préférée, la Lady Margaret.

La deuxième histoire nous présente une autre évolution technologique que l’Eglise a autorisée : la transmission de message par sémaphores. Ces sémaphores sont montés dans des tours de tailles variables en fonction de leur importance dans le réseau des tours (les tours de petites tailles n’étant desservies que par un seul Signaleur tandis que les tours situées à des nœuds importants de communication peuvent en contenir des dizaines. Les signaleurs sont organisés en guilde et constituent une organisation très puissante parce que seuls les membres de la guilde peuvent déchiffrer les signaux. Nous suivons donc l’apprentissage et les débuts d’un signaleur jusqu’à sa mort tragique dans un petit poste isolé où il était le seul à opérer.

La troisième partie nous le Frère Jean, un moine spécialisé dans la lithographie à qui l’on demande de réaliser des dessins sur le travail de l’inquisition. Rendu à moitié fou par les tortures auxquelles il assiste, le frère Jean s’en va prêcher contre l’Eglise à travers les campagnes. Il se retrouve bientôt à la tête d’une rébellion. Excommunié et pourchassé comme hérétique, il est pourtant soutenu par le peuple. Les autorités catholiques envoient alors une véritable armée qui matera la révolte dans le sang.

Dans la partie suivante, nous voyons comment Margaret, la nièce de Jesse Strange est séduite par le seigneur de Purbeck. Abandonnée par son amant, elle retourne chez son oncle Jesse qui a réussi au-delà de toute espérance, sa firme régnant seule sur le transport des marchandises du sud de l’Angleterre mais vieux et amer, il ne sait plus pourquoi il a dépensé tant d’énergie pour atteindre ce but.

La dernière nouvelle conte une nouvelle révolte, cette fois-ci menée par Lady Eleanor, châtelaine de « Corfe Gate », qui est partisane du progrès (on trouve même des ampoules électriques dans certaines pièces du château). Les troupes papales, en l’absence du roi matent la révolte et rasent le château. On sent cependant qu’il s’agit du chant du cygne des conservateurs. La révolution est en marche, plus rien ne l’arrêtera.


« Pavane » est un classique de l’Uchronie, c’est un roman que je n’ai pas trouvé facile au premier abord. Le ton particulièrement sombre de cet ouvrage a failli me faire abandonner à plusieurs reprises. Si le contexte est intéressant au point de vue technique et historique, il m’a fallu persévérer tellement la vie des personnages paraît désespérée.

Néanmoins, je ne saurais que conseiller aux lecteurs de s’accrocher jusqu’au bout. La construction du récit est telle que chacune des parties mène à une conclusion qui change radicalement la donne.

Je n’en dirai pas plus pour ne pas spolier mais si comme moi, vous avez des hésitations, je vous encourage à poursuivre la lecture jusqu’au bout du livre.

Ma note personnelle: 15/20
Pavane – Keith ROBERTS
Le livre de Poche N°7019
315 Pages

 

Publicités

World War Three 1946 – Book One – The Red Tide – Stalin Strikes First – Harry Kellog III

The Red Tide

Et si Staline avait attaqué l’occident au printemps 1946, à l’époque où la plupart des militaires occidentaux ont été démobilisés alors qu’un certain Sergei Peshkov, esprit méthodique passionné d’aviation, a été remarqué par Staline a et a obtenu des pouvoirs étendus. Il travaille depuis des années à la modernisation de l’aviation soviétique sur plusieurs points : Les Jets, les missiles sol-airs, les bombardiers à réactions, les radars, la production en série, l’entrainement des pilotes…

Le résultat, c’est que Sergei, remarqué par Staline, a obtenu de pouvoir recruter les savants les plus prometteurs et les ouvriers les plus habiles quel que soit leur sexe, origine ou qualification, cette information a l’air peu importante en soi mais pour être menée à grande échelle, cela signifie qu’il faut abandonner le collectivisme au profit de l’individualisme afin de repérer les personnes les plus talentueuses. Cela demande aussi une réorganisation de l’enseignement pour détecter les élèves les plus prometteurs récupérant les enfants (seuls capables d’accomplir certains travaux demandant de petites mains) dès leur plus jeune âge, les femmes, les hommes des pays conquis (y compris des savants allemands) et en intégrant les travaux des allemands sur les Wunderwaffen, ainsi que les travaux des scientifiques alliés (dont les secrets ont été volés par les espions soviétiques , Sergei a été capable d’accélérer le développement des avions à réaction soviétiques (Mig 9 et Yak 15 notamment) ainsi que des missiles (que ce soit les missiles X4 sur les avions ou les missiles sol-air Wasserfall).

wfall-4

Le seul élément qui pourrait freiner Staline, c’est la bombe atomique. Mais sur ce plan, les espions au service de Beria ont saboté à deux reprises les efforts des américains. La première fois en tuant 15 des 16 spécialistes de l’assemblage des bombes atomiques et la deuxième en faisant exploser la quasi totalité du stock de Polonium des américains sur les deux sites de production, tuant pat la même, directement ou par contamination, plusieurs dizaines de milliers de travailleurs, de chercheurs ou de simples civils.

Au début mai 1946, les soviétiques lancent donc des assauts aéroportés sur les dépôts de matériel américains et parviennent avec l’aide des communistes des pays occidentaux, à s’emparer de la plupart de ceux-ci intacts (cela leur permettra de récupérer du ravitaillement dont ils manquent cruellement et de s’emparer de certains technologies cruciales (radars, obus à détonateurs de proximité…). Les divisions soviétiques ne font dès lors qu’une bouchée des quelques divisions qui gardent la frontière allemande. Malgré une résistance désespérée dans le Nord-Est, les troupes françaises dirigées par le Général de Gaulle (qui trouve la mort dans les combats) succombent sous le nombre et les soviétiques s’avancent jusqu’aux Pyrénées où les troupes américaines ont décidé de les forcer à un combat difficile pour s’emparer de l’Espagne.


Ce roman qui nous présente les faits sous forme de récits après événements émanant de multiples sources souffre d’un grand nombre de défauts et en premier lieu, le nombre élevé d’hypothèses au départ de cette uchronie: l’existence d’une sorte de génie de la logistique dédié à l’amélioration de tout ce qui a trait a l’aéronautique, les multiples sabotages des espions soviétiques dont le succès est quasi total, le succès d’opération aéroportées loin derrière les lignes alliées avec la collaboration de communistes occidentaux (qui bien entendu sont tout prêt à trahir leur pays au nom de l’idéal communiste – ce qui ressort selon moi d’une exagération bien américaine de l’étendue du zèle communiste), le succès quasi total des opérations communistes lorsqu’il s’agit de neutraliser les bombardiers anglais et américains.

Est-ce qu’il était nécessaire de modifier à ce point l’histoire pour rendre une percée soviétique en 1946 possible?

On pourrait encore parler des personnages caricaturaux de part et d’autre, du peu de plausabilité de certaines scènes (Je pense notamment à la seule victoire alliée de ce roman lorsque les soviétiques ont rassemblé leur force pour empêcher un second Dunkerke et que leurs forces massées sur un front étroit se font pilloner par une vingtaine de cuirassés alliés pendant une demi-heure, ce qui entraine la perte de 700 chars lourds, 3.700 canons et plus de 200.000 hommes!

En résumé ce premier tome dans la série World War Three n’est pas à la hauteur de l’excellente série « Red Gambit »

Ma note personnelle : 10/20
World War Three 1946 – Book One – The Red Tide – Stalin Strikes First – Harry Kellog III
Edition Kindle

1993 – ECHAPPEE ROUGE – Marianne STERN

1993_Echappee_rouge

Dans 1993 – Echappée belle, Gorbatchev a été écarté du pouvoir dès le début, empêchant la chute du rideau de fer. Le nouveau dictateur soviétique décide de faire monter la pression, il amasse des troupes en secret près de la frontière et prépare activement la 3ème Guerre Mondiale .

Anya Ackerman est un des meilleurs pilote chasse dans l’armée de l’air est-allemande; elle doit, avec ses camarades pilotes, faire respecter le blocus aérien décrété par Sergei Filipov Miroslav. Le frère d’Anya travaille lui sur une arme chimique mortelle, invisible et inodore. Tous deux sont, comme la plupart de leurs collègues, sous la surveillance de la police secrète allemande, la STASI qui a des espions partout.

Alors que la tension monte, le danger d’un conflit mondial se précise. Anya et son frère parviendront-ils à empêcher  l’apocalypse?


 

Un roman uchronique distrayant et original par son cadre (l’Allemagne de l’est au début des années 1990). Les scènes de combats aériens sont assez réussies mais le meilleur du roman est sans doute dans l’atmosphère de chape de plomb qui pèse sur les personnages. Même ceux qui n’ont rien à se reprocher vivent sans cesse dans la crainte d’être arrêté et interrogé par la Stasi.

Par contre, deux histoires d’amour compliquées et dissimulées dans le même roman, cela fait peut-être beaucoup et certaines scènes dont la fin du roman m’ont eu l’air d’avoir été écrite trop rapidement, certaines évasions semblent beaucoup trop faciles.

Ma note personnelle : 14/20
1993 – Echappée belle de Marianne STERN
Edition Kindle

1940 et si la France avait continué la guerre – Jacques SAPIR – Frank STORA & Loïc MAHE

1940   1940-2

Le titre indique assez clairement l’objet de cet ouvrage. Donc, pas d’armistice, pas de maréchal sauveur de la France…
Si je parle d’ouvrage, c’est qu’il ne s’agit pas ici d’un roman uchronique mais plutôt d’un essai avec toute la rigueur que cela suppose. Ce livre aborde les questions politiques, économiques, logistiques et militaires notamment. Il est particulièrement complet et assez épais alors que ce premier tome ne couvre que la période de mai 1940 à la fin de l’année 1940.

Les pistes suivies par les auteurs semblent de prime abord assez logiques: les troupes françaises se replient sur l’Afrique du Nord, la Flotte française regroupée en Afrique du Nord permet aux alliés de dominer complètement le transport maritime en Méditerranée, les troupes franco-britanniques viennent assez facilement à bout des troupes italiennes en Lybie et un peu plus difficilement à bout de celles-ci en Somalie et en Ethiopie.

Cependant toute la difficulté dans une uchronie vient de ce qu’à chaque choix, les possibilités de divergences augmentent. Ainsi, on peut se poser la question du choix d’entamer la bataille d’Angleterre alors que la flotte et l’aviation françaises  sont encore en excellent état et causent de grands problèmes à l’allié Italien, permettant par exemple la prise par les alliés de la Sardaigne, de Rhode et des îles du Dodécanèse.

Un autre point qui me pose problème, c’est que non seulement la France continue la guerre mais qu’en plus, cela s’accompagne d’un sursaut moral, les troupes alliées comme la population reprennant espoir et luttant de leur mieux pour permettre l’évacuation la plus complète possible vers l’Afrique du Nord. Dès lors, les ponts sautent presque toujours lorsque les premières troupes allemandes s’en approchent, les troupes alliées se battent quasiment à chaque fois comme des lions et on parvient dès lors à évacuer la quasi totalité des appareils militaires et du personnel civil et militaire clé. Les allemands, tout à la réorganisation de leurs troupes après leur avance rapide ne semblent pas en mesure de gêner beaucoup l’exode vers l’Afrique du Nord.

Enfin, comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas un roman et le luxe de détails (Par exemple, on peut trouver la mention que tel avion a transporté deux moteurs de tel type d’avion d’un aéroport à un autre…)pourrait lasser plus d’un lecteur qui chercherait plutôt un récit militaire qu’une étude détaillée.

Ma note personnelle: 14/20 (18/20 si l’on s’en tient à la qualité des recherches et des détails de la simulation).
1940 et si la France avait continué la guerre – Jacques SAPIR – Frank STORA & Loïc MAHE

Les Âmes envolées – Nicolas LE BRETON

Les ames envolées_0001

28 Avril 1912 – Le préfet Lépine est au sommet de sa gloire, il vient d’abattre Bonnot alors que celui-ci tentait de s’échapper en ballon fusée.

Novembre 1916, en pleine guerre mondiale, l’ex-préfet, Lépine, âgé de 70 ans  est rappelé de sa retraite par Clémenceau pour enquêter sur la disparition mystérieuse de plusieurs savants de premier plan. Alors qu’il se sent fatigué et quelque peu relégué au second plan dans un commissariat de quartier, il ne sait pas encore que cette enquête va l’entrainer au bout du monde et lui redonner le goût à la vie et à l’amour. Car les événements vont se précipiter :  la mort de plusieurs enquêteurs, la découverte d’un sous-marin propulsé par une énergie mystérieuse et guidé par un automate qui utilise une bande trouée pour se diriger, un peu à la manière des pianos mécaniques, l’enlèvement de Léontine de Laroche, la première femme pilote d’aérostat (et dont Louis est tombé follement amoureux) par Bonnot (enfin par un Bonnot zombifié) sont quelques uns des événements qui vont entraîner Louis Lépine de France en Inde, au Népal puis de retour vers la Suisse avant de rencontrer un ennemi d’une puissance colossale au-dessus des tranchées d’Ypres.

Et si l’automobile n’avait jamais été inventée? Voilà l’un des thèmes principaux de cette Uchronie où Nicolas Lebreton nous emmène. L’auteur a su créer un monde tout à fait original où la plupart des déplacements et transport se font par la voie des airs. Ce mode de transport a donc façonné les villes de telle sorte que les logements disposent d’embarcadères et de passerelles qui permettent  aux habitants d’embarquer et de parquer les dirigeables. Car les rues des cités sont remplies d’aérostats de toutes tailles qui circulent au-dessus des rues ou plus haut dans le ciel, cela va de l’aérostats d’une personne aux ballons de transport. Les passagers des aérostats portent des harnais -, ce qui permet par exemple aux conducteurs d’aéro-taxis de les haler en leur lançant des grappins que les passagers attachent à leurs harnais…

Ceci ne sont que quelques unes des innombrables idées qui se retrouvent dans ce roman. Je pourrais encore citer par exemple, le fait que le préfet Lépine utilise des objets basés sur les inventions qui ont été présentées au fameux concours qui porte son nom…

Si cet ouvrage est remarquable au niveau de ses idées, il ne m’a cependant pas captivé comme j’aurais aimé l’être. Il y a des livres que j’ai du mal à déposer tellement je suis pris par le récit. Ici, il y a certes, énormément d’inventivité et un grand nombre (trop grand ?) de mystères, mais c’est peut-être ce qui nuit à la continuité du récit. A force de multiplier les personnages, les puissances et les forces en présence (allemands, anglais, français, Société de Thulé, Ordre Noir, Shangri-La, le Vril, l’énergie noire, Aleister CROWLEY, Alexandra DAVID NEEL…) , l’auteur doit donner beaucoup d’explications et de descriptions qui prennent peut-être le pas sur le récit .

En conclusion, un début encourageant pour cette série Steampunk qui devrait adopter un nouveau rythme maintenant que l’essentiel du décor est planté.

Une mention spéciale pour l’idée des Œufs Noirs et pour avoir enfin un auteur qui donne une explication plausible à l’existence de morts réanimés.

Ma note personnelle: 15/20
Les Âmes envolées – Nicolas Lebreton
Les moutons électriques – 321 pages.

Pour d’autres avis:

Dionysos (Le Bibliocosme)

1Q84 – Haruki MURAKAMI

  

1Q84 nous invite à suivre les destins de Tengo et d’Aomamé.

Tengo est professeur de mathématiques et romancier amateur, et Aomané est instructrice dans un club de sport (Et à ses heures perdues, tueuse à gage – même si elle ne tue que des hommes qui ont violenté des femmes).

Le récit débute pour nos deux personnages par une transgression des règles :

Tengo accepte une demande de son éditeur de réécrire « la Chrysalide de l’air », le roman d’une jeune auteur pour le présenter à un prix prestigieux. Car si le roman de Fukaeri, est en lui-même fascinant (notamment par la description des « Little People », un peuple mystérieux, sorte de lutins malfaisants et dotés de pouvoirs magiques), le style de la jeune auteure est très mauvais. Komatsu, l’éditeur de Tengo pense que la réécriture du roman par Tengo peut en faire un gagnant du prix Akutagawa.

Aomamé, elle, se voit proposer par un chauffeur de taxi de quitter son taxi bloqué sur l’autoroute urbaine et d’emprunter un escalier de secours qui mène à la nationale passant en dessous. Même si ce geste à l’air anodin pour nous, c’est un mouvement qui est suivi avec ahurissement par tous les automobilistes  entourant le taxi. Une action vraiment inconcevable dans la société japonaise.

Petit à petit, Aomamé s’aperçoit qu’elle n’a aucun souvenir de certains événements du passé. Un soir en observant le ciel, elle s’aperçoit qu’il y a deux lunes et l’idée d’un glissement dans un univers parallèle commence à s’imposer en elle.

Les fils de l’histoire se tissent, on découvre que Tengo et Aomamé se sont croisés lors qu’ils étaient enfant et que les chemins qu’ils suivent les amènent à s’intéresser à la secte des « Précurseurs ». Cette secte, à l’origine fondée par des étudiants déçus de la société capitaliste avait dans un premier temps pour but d’établir une société basée sur valeurs simples comme l’agriculture bio. Cependant, après une scission avec les éléments les plus violents de la secte, les membres restreints ont fermé l’accès de la secte au monde extérieur.

Tengo s’intéresse à la secte parce que le père de Fukaeri était le dirigeant de la secte et que celui-ci n’a plus donné signe de vie depuis que la secte s’est refermée sur elle-même. Aomamé s’intéresse à la secte parce qu’une enfant a été violée par quelqu’un qui se cache dans la secte, cet enfant faisant référence aux « Little People ».

Un roman fascinant, brutal, très asiatique dans le ton, 1Q84 ne s’adresse pas à ceux qui ont le cœur tendre.

C’est un roman qui contient des éléments de fantastique, de science-fiction, de Thriller…, référence bien sûr au 1984 de Georges Orwell dont il est question nommément dans le roman mais plutôt parce que les Little People, êtres invisibles et multiples, sont l’antithèse de Big Brother, personnage unique et omniprésent.

Ce premier tome laisse encore beaucoup (trop ?) d’éléments à découvrir dans les tomes suivants.

La grande force de ce roman, c’est son côté très descriptif. On n’a pas l’impression de lire un roman mais bien de voir un film asiatique (ce qui me porte à supposer que l’adaptation de ce roman au cinéma ne tardera pas).

Par contre, j’ai eu beaucoup de mal à le lire, ne parvenant jamais à lire plus de 30 pages en une seule session de lecture. Ce n’est pas ce que j’appellerais moi un « page turner » et je ne continuerai pas la série.

Ma note personnelle : 14/20
Editeur : Belfond
534 pages.

1Q84 fait référence au deuxième trimestre 1984 (beaucoup de revues trimestrielles américaines notamment utilisent ce système où 1Q84 désigne le trimestre d’Avril 1984 à Juin 1984 et où l’année littéraire se termine au 4Q, ce qui correspond au trimestre de Janvier à Décembre de l’année suivante).

SS-GB – Len DEIGHTON

SSGB_

La bataille d’Angleterre remportée par l’Allemagne nazie, les troupes du führer ont occupé les îles britanniques.

Novembre 1941, dans l’Angleterre occupée, la vie se déroule un peu comme en France occupée, la police britannique est sous les ordres du Gruppenführer Fritz Kellerman.

Pour le superintendant Archer, la vie continue et les enquêtes criminelles aussi.

Lorsqu’il est appelé sur une affaire de meurtre, le superintendant Archer s’attend à une enquête banale mais se retrouve soudain au centre d’une affaire qui semble intéresser tous les services de police allemands. Lorsque le Standartenführer Huth débarque directement de Berlin pour superviser l’enquête, Archer commence à comprendre qu’il s’agit de beaucoup plus qu’un banal règlement de compte ou de marché noir.

Le Standartenführer Huth est envoyé par le SD et sous les ordres directs d’Heinrich Himmler, il est de plus, un ennemi intime de Kellerman. Lors de son enquête, Archer découvrira également que les services de renseignement de l’armée sont intimement mêlés à cette affaire.

Pris entre les différents services de renseignement allemands et la résistance, Archer parviendra t’il à dénouer les fils de cette enquête ?

J’ai trouvé qu’il s’agissait d’un excellent roman, l’atmosphère de l’Angleterre occupée est très bien rendue et les personnages sont convaincants de par leurs faiblesses mêmes. On ne trouve pas vraiment de personnage entièrement maléfique et ceux qui apparaissent comme des fables ne le sont pas toujours. L’intrigue est complexe à souhait et pleine de rebondissements.

Les seuls bémols que j’apporterais sont d’une part dans la sous-exploitation du contexte, l’enquête policière laissant peu de place à l’examen de la situation globale et d’autre part, le fait qu’en Novembre 1941, l’Allemagne est encore en paix avec l’Union soviétique (vu la chute de l’Angleterre, j’aurais tendance à penser qu’Hitler aurait surement attaqué les bolchéviques en Juin 1941 voir avant).

Ma note personnelle : 17/20
Len Deighton : SS-GB
Edition Kindle

Mise-à-jour du 19/01/2016: La BBC est en train de produire une mini-série en cinq épisodes basée sur ce roman.

L’avis d’Eumène de Cardie: http://notesdeumene.wordpress.com/2011/02/24/len-deighton-ss-gb/

L’avis d’Apophis:  https://lecultedapophis.wordpress.com/2017/01/17/ss-gb-len-deighton/

Pearl Harbor – Newt GINGRICH and William R. FORSTCHEN

  

Ce roman débute en 1934 et nous invite à suivre les événements qui ont aboutis à l’attaque de Pearl Harbor en 1941.

Nous vivons ces événements à travers les récits de  plusieurs personnages alliés et japonais :

 Un Officier anglais parti enseigner l’anglais aux pilotes japonais de l’académie navale japonaise d’Etajima, un officier de la marine américaine en visite dans la même école, un célèbre (du moins l’est-il devenu par la suite) pilote Japonais : Mitsuo Fuchida et le non moins célèbre stratège de l’attaque sur Pearl Harbor : Minoru Genda.

Basé au moins partiellement sur des événements historiques (au moins pour les massacres de Nankin et l’attaque japonaise sur une canonnière américaine, le « Panay » en Chine alors que les américains étaient neutres), ce roman nous permet de suivre l’évolution de la pensée de Fuchida et Genda, évolution qui les poussera à demander à l’Amiral Yamamoto de prendre personnellement le commandement de l’attaque sur Pearl Harbor à la place de l’amiral Nagumo.

C’est ici que se situe la divergence dans cette Uchronie. En effet l’Amiral Nagumo ayant appris que les Porte-avions américains n’étaient pas présents à Pearl Harbor, avait décidé de faire demi-tour après la première vague d’assaut.

Les auteurs partent de l’idée que si Yamamoto avait été aux commandes, il aurait lancé une deuxième vague d’assaut sur Pearl Harbor.

Dans quel but puisque les Porte-avions n’étaient pas présents ?

D’une part, il restait des objectifs stratégiques à détruire : outre les quelques navires encore plus ou moins intacts (quelques croiseurs et destroyers mais surtout plusieurs sous-marins), il y avait aussi les énormes réserves de carburant stockées sur l’île et la cale sèche (qui permit notamment de réparer le Yorktown à temps pour lui permettre de participer à la bataille de Midway).

D’autre part, l’Amiral Yamamoto, devant le demi-succès, décide de durcir la guerre en détruisant les ressources de Pearl Harbor et en portant la guerre jusque sur les côtes des Etats Unis afin de forcer ceux-ci à accepter une paix qui serait en faveur du Japon.

Ce premier tome se termine sur cette décision.

J’ai trouvé ce roman intéressant mais un peu lent par moment, ceci dit, Forstchen sait écrire et surtout les combats.

Ma note personnelle : 15/20

Pearl Harbor
Newt GINGRICH and William R. FORSTCHEN
St Martin’s Paperbacks
376 pages

Téméraire – Naomi NOVIK

  

Lorsque le HMS Reliant capture une frégate française, le capitaine Will Laurence ne sait pas encore (contrairement à ce que dit la 4ème de couv.) que son avenir va basculer. En effet, la frégate française transportait un œuf de dragon proche de l’éclosion.

Dans ce monde où les humains côtoient les dragons, il est bien connu que le dragon doit être mis, dès sa naissance, en présence d’un maximum de candidats humains afin de lui permettre de choisir son partenaire.

Contre toute attente et alors qu’un des aspirants du Reliant avait été pressenti, c’est le Capitaine du vaisseau que le dragon choisit comme partenaire. Will Laurence se retrouve donc obligé de quitter la Navy pour entrer dans les Aerials Corps, d’autant plus que le dragon qui vient de naître est un très rare dragon chinois et que les britanniques disposant de moins de dragons que les français, ce dragon nommé « Téméraire » par Will (qui a choisi ce nom par analogie avec l’un des plus beaux navires de sa majesté) sera un renfort inespéré pour les britanniques.

Commence alors un apprentissage difficile pour Will d’autant plus que, d’habitude, les Dragons se voient proposer des partenaires plus jeunes et que, les Aerial Corps n’ont pas une très bonne réputation (La décision de Will de rejoindre les Aerials Corps provoquera d’ailleurs une rupture avec sa famille et avec sa fiancée).

Après plusieurs mois d’écolage dans le vol sur dragon (où on apprendra par exemple que les dragons emmènent des équipage avec des tireurs, des personnes chargées de jeter des bombes ou d’apporter les premiers soins en plein vol…), Will et Téméraire se retrouveront au cœur de l’action.

Naomi NOVIK nous présente une Uchronie où les dragons semblent avoir partagé la vie des hommes depuis toujours. Comme dans Rosée de feu de Xavier MAUMEJEAN , la présence des dragons ne semble pas avoir modifié la trame historique. Nous sommes en plein milieu des guerres napoléoniennes et Napoléon Ier essaie d’envahir l’Angleterre. Contrairement au roman de MAUMEJEAN, le ton est beaucoup plus léger, moins poétique mais plus lisible.

Ce premier tome est plaisant à lire et les explications sur la biologie des dragons semblent, à mon humble avis, tenir la route. Il s’agit cependant selon moi plutôt d’une série pour adolescents que pour adultes.

Ma note personnelle : 16/20 (18/20 pour adolescents).

Téméraire – Naomi NOVIK
Pocket Fantasy 5977
431 pages

Pour d’autres avis, voyez les chroniques d’Apophis  de Lutin82 de Shaya de Boudicca

Seelöwe Nord « The Germans are coming » – Andy JOHNSON

  

Dans ce roman, Andy Johson imagine que les allemands ont décidé d’appliquer l’opération Seelöwe (Sealion en anglais ou Lion de mer en français), à savoir l’invasion de l’Angleterre par les Allemands en Septembre 1940.

Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est que l’auteur déplace le lieu du débarquement. Les Allemands avaient prévu de débarquer dans le Sud (Sussex et Kent), Andy Johnson les fait débarquer dans la région de Scaroborough, à l’Est.

Les Allemands simulent une invasion dans le Sud alors qu’en réalité, le gros de leurs forces, au départ de Norvège et de Hollande foncent vers le centre de l’Angleterre, espérant y débarquer suffisamment de troupes pour infliger une défaite éclair aux britanniques.

Pendant que la quasi-totalité des sous-marins allemands bloquent les sorties de Scapa Flow, port principal de la Flotte britannique, des parachutistes (7ème division de parachutistes)sont largués sur les arrières britanniques et quatre divisions d’infanterie(les 7ème, 17ème et 35ème divisions d’infanterie et la 1ère division d’infanterie de montagne) se lancent à l’assaut des côtes. Elles seront suivies par la 30ème division d’infanterie, la8ème Panzer et la division SS Totenkopf. La Marine allemande a mobilisé tous les cargos et moyens de transport disponibles en Allemagne et dans les pays occupés pour créer la diversion dans le Sud et transporter les troupes vers la »Filey Bay », sous le couvert de tous les destroyers, croiseurs et cuirassés allemands restant.

Pris totalement au dépourvu et croyant d’abord à une attaque dans le Sud, les britanniques ne peuvent empêcher les Allemands de débarquer et de se répandre vers l’intérieur des terres. Après avoir repris leurs esprits, ils parviennent à canaliser l’offensive allemande vers une zone fortement fortifiée et préparent une contre-offensive dans le Sud de la poche allemande.

Ce roman est assez agréable à lire, Andy Johnson étant un ancien militaire, on sent qu’il y a une bonne part de vécu dans ce qu’il écrit. Pour ce qui est des mauvais points :

1°) On connaît la fin d’avance. En effet, à part quelques généraux allemands hyper optimistes ou quelques malades comme Hitler, il est difficile de penser que la flotte allemande aurait pu fournir assez de soutien aux troupes de débarquement même si, comme dans ce roman, l’opération avait pu être une surprise complète. Les forces aériennes allemandes se comportent  comme dans la « bataille d’Angleterre » : après avoir apporté un soutien important dans les premiers jours, elles finissent par être balayées.

2°) Certains soldats britanniques et notamment les civils incorporés dans la « Home Guard » se battent comme des lions contre des soldats d’élite allemands. On sent un petit côté chauvin sans doute du au fait que l’auteur a servi pendant 24 ans dans l’infanterie. Cela se sent moins dans les combats aériens ou maritimes.

Somme toute, une lecture agréable pour une opération qui n’aurait pu être rendue possible qu’après avoir coulé la plus grosse partie de la flotte et avoir écrasé l’aviation britannique.

Ma note personnelle : 15/20

Seelöwe Nord – The Germans Are coming
Andy JOHNSON
Spiderwize
488 pages.

A noter le site de l’auteur où celui-ci présente son nouveau roman: “Thunder in May”.

http://www.seelowe-nord.co.uk/

%d blogueurs aiment cette page :