Les métamorphoses de Johnson – Robert BARR

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Bienvenue à Escrokenburg! C’est ce que cette adorable petite ville du Tyrol aurait dû afficher à l’entrée. En effet, notre narrateur est plutôt surpris de se voir taxer après une semaine du taxe des étrangers très lourdes ainsi que d’une contribution poor payer l’excellent, au demeurant, orchestre du Kurpark. Ces deux taxes dues pour tout séjour de plus d’une semaine n’étant communiquées au voyageur qu’après ladite semaine, on comprend que le voyageur puisse la trouver saumâtre.

Une fois la mauvaise surprise avalée, notre narrateur nous conte sa rencontre avec un individu du nom de Johnson ou Baumgarten à moins qu’il ne s’agisse de Katzoff ou de Lord Somerset Campbell?


Après les mille et une nuit, l’ambiance tyrolienne, seulement prétexte à nous divertir.

Encore un petit bijou de nouvelle humoristiquecomme Robert Barr savait si bien les ciseler!

Ma note personnelle : 18/20
Les métamorphoses de Johnson  nouvelle faisant partie de l’anthologie « Contes »
Robert BARR
Collection e-baskerville
Traduction Jean-Daniel Brèque
Edition Kindle

Ce recueil de nouvelles peut être acheté au format epub chez les moutons électriques ou à la FNAC et chez Kobo-Books

On peut également acheter cette oeuvre sur Amazon

Et n’oubliez pas d’aller visiter le Blog de la collection Baskerville, oeuvre de Fabrice Mundzik.

Ralliement – William R. FORSTCHEN

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Ralliement est le 1er tome de la série « Le Régiment Perdu » qui nous conte les aventures du 35ème Régiment du Maine et de la 44ème batterie d’artillerie légère de New York (cette dernière essentiellement composée d’Irlandais) lorsque le bateau à vapeur qui les transporte de Virginie en Caroline du Nord après la bataille de Gettysburg est pris dans une étrange tempête et transporté ailleurs…

Lorsque le colonel Keane, commandant du 35th du Maine se réveille, le bateau est échoué sur une plage, relativement intact,  mais le rivage lui est inconnu comme à tous ses hommes. Ce n’est que le soir qu’ils se rendent compte qu’ils ne se trouvent plus sur Terre lorsque deux lunes se lèvent à l’horizon.

Le colonel Keane se retrouve confronté à d’autres humains, qui s’avèrent rapidement être des russes qui vivent encore comme à l’époque moyenâgeuse, les serfs étant exploités par les boyards qui gouvernent avec l’assentiment de l’église orthodoxe locale.

Les quelques 600 Yankee parviennent à effrayer suffisamment les « Rous » grâce à leurs armes à feu pour que ceux-ci, malgré leur supériorité numérique, acceptent de parlementer. Le Boyard des Rous de Souzdal accepte que les Yankees installent leur « Fort Lincoln » à proximité de Souzdal, espérant se servir d’eux contre les Boyars des autres villes: Novrod, Vizama…

Et Fort Lincoln se développe à côté de Souzdal. Ayant repéré une rivière descendant à flanc de montagne, les Yankees installent plusieurs roues à Aube, leur permettant d’alimenter en énergie, un moulin, une forge, une scierie… Une véritable petite base industrielle se développe.

Tout semble se dérouler pour le mieux jusqu’à ce qu’un groupe de nomades barbares humanoïdes gigantesques (entre 2m50 et 3m) s’approchent de Souzdal pour demander aux citoyens de cette ville de préparer le tribut parce que la Horde des Tugars s’approche plus vite que prévu et a besoin de ravitaillement. Le colonel Keane et ses hommes apprennent alors que le monde de Valdennia est parcouru par des hordes de ces créatures qui prélèvent un humain sur cinq pour les manger avant de continuer leur route vers la ville suivante. La horde met 20 ans à faire son tour.

Bien entendu, le colonel Keane refuse de se plier à cette exigence mais la horde Tugar comporte près de deux cent milles combattants. Même avec leur armement plus moderne (les Tugars se battent encore à l’arc et à l’épée, les yankees non aucune chance. Le colonel Keane demande alors au régiment de voter pour décider s’ils restent pour se battre ou s’ils vont prendre le bateau et chercher un refuge jusqu’à ce que la horde soit passée. Mais les américains ont fait naître beaucoup de rêves de liberté chez les Rous et ceux-ci se révoltent contre leurs boyards. Keane va-t-il laisser le peuple Rous se faire massacrer par les boyards et puis par les Tugars?


William Forstchen est un historien spécialiste de la guerre de sécession, il n’est donc pas surprenant qu’il ait décider d’écrire une série de romans sur un régiment de l’époque de la guerre de sécession. Le 35th du Maine apporte sur Valdennia, non seulement une évolution technologique mais aussi une révolution politique, les américains sont libres et égaux, ce qui va créer beaucoup de problèmes dans le système politique en place sur Valdennia. Les nobles boyards décidant avec l’appui de l’église qui va être sacrifié et qui va être sauvé.

Bien entendu, on retrouve des élans très américains, plutôt libres que mort et les Rous sont sauvés par des Yankees mais il n’y a pas que cela dans ce roman. Les personnages complexes et parfois ambigus. Il y a de très belles réflexions sur le coût de la liberté. Si les combats sont nombreux et très bien décrits, les horreurs de la guerre marquent cependant les hommes du régiment pour les transformer et les marquer dans leur chair et dans leur âme.

Ma note personnelle: 17/20
Le Régiment perdu – William FORSTCHEN
Traduction: Emmanuel Chastelliere
Version Kindle

Ce qu’ils en pensent:

Wagoo
Gilossen (Sur Elbakin.net)
Le traducteur: Emmanuel Chastelliere

Contes – Robert BARR

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Jean Daniel Brèque a eu l’excellente idée de rassembler les nouvelles de Robert BARR déjà parues dans la collection e-baskervilles et d’en rajouter quelques unes pour nous concocter un volume d’excellente facture.

Au sommaire, on peut trouver:

Le fantôme mène l’enquête
Un passager encombrant
Le sablier
La vengeance du mort
Le prisonnier du Pacha
Les métamorphoses de Johnson


Article mis-à-jour au fur et à mesure de mon évolution dans l’ouvrage

Ce recueil de nouvelles peut être acheté au format epub chez les moutons électriques ou à la FNAC et chez Kobo-Books

On peut également acheter cette oeuvre sur Amazon

Et n’oubliez pas d’aller visiter le Blog de la collection Baskerville, oeuvre de Fabrice Mundzik.

Les Vandales du vide – Jack VANCE

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Dick Murdock, un jeune homme qui a été élevé sur Vénus doit rejoindre son père astronome en chef de la base lunaire. Un voyage qui ne serait qu’une formalité s’il ne lui fallait affronter les pirates de l’espace et leur chef « le Basilic »! En effet, comme du temps de la marine à voile, le développement du commerce interplanétaire a vu apparaître la piraterie. La Terre ne disposant que de deux vaisseaux faiblement armés pour protéger le commerce spatial, ce métier est devenu particulièrement dangereux

 Le voyage de Dick est rendu mouvementé notamment par la découverte d’une épave attaquée par les pirates et par un meurtre à bord (meurtre pour lequel les soupçons de Dirk se portent sur un homme qui doit lui aussi être débarqué à  la base lunaire)…

 Une fois sur la lune, le jeune Dirk se retrouve confronté à de nouveaux événements troublants. Alors que son père vient d’être rappelé sur Terre, Dirk découvre de curieuse manœuvres qui semblent avoir pour but de renseigner les pirates sur la trajectoires des vaisseaux commerciaux, cette découverte est suivie d’une tentative d’assassinat à son égard.


Pour commencer une nouvelle collection, surtout dans un genre comme la SF, il vaut mieux commencer avec une star et quelle star, rien moins que Jack VANCE bénéficiaire de nombreux prix octroyés par ses pairs et reconnu grand maître de la SF par deux jurys de prix littéraire. Jack Vance est également l’auteur d’authentique chefs-d’œuvre comme Tschaï (réédité récemment), Lyonesse, la geste des princes-démons (qui ressort ces jours-ci), les maîtres des dragons, le dernier château, le papillon de lune…

 Et qui plus est, ce roman est un inédit!

 Evidemment, ce roman écrit en 1950 n’est plus d’actualité pour tout ce qui est scientifique. La colonisation de Vénus peut faire penser par exemple aux romans d’Edgar Rice Burroughs. le ton est celui des Space-Opera de l’époque, un ton qui pourrait paraître naïf aujourd’hui et qui verrait ce roman catalogué « jeune adulte » de nos jours. Pourtant, il y a la patte de Jack Vance qui se retrouve par moment, même si elle a moins d’occasion de se libérer dans ce roman de science-fiction, on retrouve le côté baroque de l’auteur par moment, le meilleur passage de cet ouvrage étant à mon sens la rencontre entre Dirk et le Basilic.

Le style de l’auteur et sons sens de l’action permet à ce roman de rester intéressant même s’il est dépassé scientifiquement parlant.

 En résumé, un roman qui, s’il n’est pas un grand Jack VANCE, plaira certainement aux amateurs de Pulp SF (et en cela, il atteint parfaitement son objectif), des romans de l’âge d’or de la SF et de Space Opera à l’ancienne. Il plaira à ceux qui ont aimé les « Rois des étoiles » d’HAMILTON, la « Légion de l’Espace » de WILLIAMSON, « Les Solariens » de SPINRAD ou les « Fulgurs » de E.E. DOC SMITH. Il aura cependant plus de mal à convaincre la jeune génération ou les amateurs de rigueur scientifiques.

 A signaler aussi la très belle couverture de Philippe CAZA

Ma note personnelle: 15/20 (sachant que je suis un fan de Jack VANCE)
Les Vandales du Vide – Jack VANCE
Traduction Pierre Paul DURASTANTI
232 Pages
Editions Le Belial – Collection Pulps N°1

Le prisonnier du Pacha – Robert BARR

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Lorsque le Kawas de Mr Turner, consul en Turquie, introduit M. McSimmins, le consul s’attend bien à recevoir un original (McSimmins s’est en effet mis en tête de convertir les turs à l’hygiène en leur faisant prendre un bain complet tous les jours) mais il ne s’attendait pas à le voir entrer en tenue de pacha. De plus l’individu semble agité, sa tête oscillant continuellement de droite à gauche.


Première des nouvelles inédites du recueil de nouvelles « Contes » rassemblé par Jean-Daniel Brèque, ce prisonnier du Pacha est une excellente nouvelle dans le genre aventure exotique. On n’est pas loin des contes des milles et une nuit.

Pour savoir ce qu’il est arrivé à McSimmins, je vous conseille vivement de lire cette nouvelle en achetant le recueil complet des 22 nouvelles, recuiel qui est disponible pour le prix modique de 4.99€

Ma note personnelle : 18/20
Le prisonnier du Pacha
Robert BARR
Collection e-baskerville
Traduction Jean-Daniel Brèque
Edition Kindle

Ce recueil de nouvelles peut être acheté au format epub chez les moutons électriques ou à la FNAC et chez Kobo-Books

On peut également acheter cette oeuvre sur Amazon

Et n’oubliez pas d’aller visiter le Blog de la collection Baskerville, oeuvre de Fabrice Mundzik.

 

Stalin’s War – Jack STRAIN

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Stalin’s War” est le premier volume de la trilogie “World in Flames”. Dans cette uchronie, on trouve deux points de divergence principaux .

Le premier point de divergence se produit lorsque le général SS Karl Wolff, commandant en chef des troupes allemandes en Italie décide de faciliter la victoire des alliés à l’Ouest pour leur permettre d’arriver les premiers à Berlin. Ce plan échoue notamment parce qu’Eisenhower ne veut pas provoquer les soviets en se précipitant vers Berlin.

D’autre part, après la victoire, les polonais (avec la bénédiction et l’aide logistique de Churchill) montent un attentat contre Staline lorsque ce dernier vient en visite triomphale à Berlin. L’attentat manque partiellement sa cible principale, Staline est néanmoins grièvement blessé et Koniev et Molotov sont parmi les victimes.

Pendant que Staline est dans le coma, Joukov prend les rênes de l’état en main. Lorsque Staline se réveille, il ordonne l’exécution Beria qui n’a pas pu le protéger et confirme Joukov comme chef des armées, ce dernier fait remplacer les hommes du NKVD qui protégeaient Staline par des troupes qui lui sont fidèles. L’enquête ayant vite démontré la culpabilité des polonais, la répression qui s’abat sur la Pologne est féroce.

De leur côté, une unité de SS encore en liberté essaie de provoquer un affrontement entre soviets et américains en attaquant  une unité soviétique située près du front américain. Le plan fonctionne et en réaction à l’attaque des SS, une unité soviétique déclenche un assaut limité sur une unité américaine qui riposte. Les états-majors des deux camps parviennent à calmer la situation mais la méfiance règne désormais entre les alliés et les soviets.

L’attentat de Berlin ayant aggravé la paranoïa de Staline, ce dernier est maintenant convaincu que les occidentaux vont attaquer l’Union Soviétique. Il ordonne à Joukov de préparer une attaque de grande envergure. Alors qu’Eisenhower est persuadé que Staline n’attaquera jamais, Patton décide de faire fortifier son secteur du front en utilisant l’expertise des officiers allemands capturés et la main-d’œuvre des milliers de soldats allemands capturés par son armée.


Une mise en place intéressante,  qui pourrait livrer une suite tout aussi intéressante. Par contre ce e-book est bourré de fautes de grammaire, il y a des mots manquant les personnes changent de nom comme Donovan, le chef de l’OSS qui devient DONAVON puis à nouveau DONOVAN avant de redevenir DONAVON.

Ma note personnelle: 12/20 (14/20 s’il n’y avait pas de fautes)
Stalin’s War – Jack STRAIN
Edition Kindle

Reaper’s Gale – Steven ERIKSON

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L’empire de Lether a assimilé ses conquérants. Certes l’empereur Tiste Edur Rhulad Sengar règne mais il est fou et tous ses conseillers Tiste Edur ont été éloignés. Les Letherii ont isolé efficacement l’empereur et gouvernent en son nom. Ils utilisent les Tiste Edur comme troupes de choc et ils en ont certes besoin parce que l’empire craque de toutes parts : des révoltes internes (certaines tribus battues et assimilées par l’empire de Lether se rebellent), des tribus voisines attaquent les frontières de l’empire) et une crise monétaire (Tehol Beddict et son acolyte Bugg font disparaître la monnaie de l’empire et ont créé une telle dette que lorsqu’ils se déclareront en faillite c’est tout le système économique qui risque de s’écrouler)

Pendant ce temps, les champions ramenés à Letheras attendent leur tour d’affronter l’empereur fou, chaque mort semble renforcer celui-ci mais il y a parmi les champions Karsa Orlong et Icarium. Si la confrontation avec Karsa s’annonce épique, celle qui devrait amener Icarium face à Rhulad pourrait détruire Lether.

Une autre intrigue concerne la vengeance de Silchas Ruin, qui réussit à emprisonner l’âme de Scabandari dans un nouvel Azath, Menandore, Sheltatha Lore et Sukhul Ankhadu.

Et pendant ce temps, l’adjointe Tavore a débarqué ses marines pour semer le désordre, la confusion et  tuer autant de Tiste Edur que possible afin de provoquer une révolte chez les Letherii (Tavore ignire que ce sont les Letherii qui gouvernent et non les Tiste Edur), les marines parviennent à se frayer un chemin jusqu’à la capitale malgré des pertes sérieuses. Leur utilisation des munitions moranth et leurs mages leur permettant de survivre en dépit de leur infériorité numérique. Alors que les marines affrontent une armée Letherii, le restant des forces de Tavore débarquent à proximité et affronte une deuxième armée Letherii.


Un bon volume qui rajoute beaucoup d’infos à la série, notamment en ce qui concerne les dragons, les anciens dieux, Karsa et Icarium notamment.

On y retrouve avec plaisir le duo Tehol Beddict et Bugg qui rajoute toujours une note humoristique dans une saga au demeurant fort sombre. Sinon la recette est toujours la même, l’auteur fait monter la tension jusqu’à une scène épique que j’ai cette fois trouvé un peu moins réussie, n’ayant pas pu créer d’empathie avec le personnage au centre de cette scène.

Ma note personnelle: 17/20
Reaper’s Gale – Steven Erikson
1260 pages.

 

 

We Are Death, come for you – Doug DANDRIDGE

We are death

 

L’humanité est en pleine expansion, elle vit en paix depuis plusieurs dizaine d’années et a développé une douzaine de colonies interstellaires lorsque soudain cinq vaisseaux gigantesques apparaissent près d’une des colonies humaines. Sans tentative de communication, ces vaisseaux commencent à détruire tous les vaisseaux, satellites et habitats du système avant de s’en prendre à la planète elle-même qu’ils rasent complètement, éliminant toute trace de vie, même microbienne.

Les extra-terrestres envoient alors un message directement vers la terre pour annoncer leur arrivée en annonçant clairement leur intention de tuer les humains. Les extraterrestres qui se font appeler Hsszat, ont en effet développé un culte de la mort. Selon la croyance des Hsszat, toute forme de vie est une infestation qui doit être détruite. Lorsqu’ils auront réussi à détruire toute vie, ils mettront fin à leur propre existence.

Les vaisseaux des Hsszat ne semblent pas équipés de technologies particulièrement en avance sur celles des humains en dehors d’un rayon de conversion totale qui lui est particulièrement destructeur, même si ce n’est pas l’arme qui a le plus long rayon d’action. Reste la taille gigantesque des vaisseaux ennemis qui rend ceux-ci particulièrement difficile à détruire.

Les différents gouvernements du système solaire mobilisent leurs ressources pour tenter de créer une flotte suffisante pour détruire l’ennemi, disposant de plusieurs années, ils parviennent à construire plusieurs milliers de vaisseaux de tailles bien plus modeste que les vaisseaux des envahisseurs, tout en misant sur le développement de nouvelles technologies pour tenter de trouver l’arme fatale.


Un roman plaisant à lire, on se doute bien qu’à la fin, les humains vont trouver le moyen de vaincre les Hsszat, l’originalité venant peut-être ici qu’il y a plusieurs éléments qui participent à la victoire. Les personnages ne sont, à une ou  deux exceptions, pas fort développés mais les scènes d’actions sont très bonnes. Un bon essai dans le genre premier contact hostile.

Ma note personnelle: 16/20
We Are Death, Come For You – Doug DANDRIDGE
Edition Kindle

Le site de l’auteur: https://dougdandridge.com/

La Femme dans la Voiture – Richard MARSH

La Femme dans la voiture

Alors que le colonel Overton raconte à son ami John Baird le crime auquel il a assisté ce plus tôt dans la journée lorsqu’un homme a été poignardé par une femme au milieu de Piccadilly Circus, Baird a l’œil attiré par une voiture garée non loin. Il voit une femme sortir précipitamment du véhicule avant de s’en aller rapidement. Peu de temps après, une autre femme surgit qui ouvre la portière, prend quelque chose dans la voiture et s’enfuit à son tour. Intrigué par ces comportements, Baird s’approche de la voiture et s’aperçoit qu’il y a un homme, au corps à moitié déchiqueté, au volant…


 

Deux meurtres, deux ou trois femmes coupables, complices ou simplement impliquées dans ces meurtres… Voilà un début de roman passablement compliqué où John Baird va s’attacher à résoudre ces meurtres après avoir découvert qu’une des femmes soupçonnée est une personne à laquelle il était quasi fiancé et qu’il aime toujours malgré le fait qu’elle ait épousé un autre homme.

Nous suivons l’enquête en même temps que les personnages ce qui fait que nous démêlons les fils de l’intrigue en même temps qu’eux et que nous progressons au fur et à mesure que l’auteur nous lâche des informations. Il est ainsi quasi impossible de résoudre les énigmes parce que certaines informations importantes nous sont dissimulées jusque tard dans le roman.

Un roman complexe, très agréable à lire, avec de nombreux protagoniste mais qui ont tous leur place dans cette œuvre. Mon seul bémol vient de quelques imprécisions dont je ne peux déterminer si elles sont volontaires.

 

Ma note personnelle: 16/20
La Femme dans la Voiture – Richard MARSH
Traduction Charles Gireaudeau et Jean-Daniel Brèque
Edition Kindle

Disponible sur Amazon  ou en version epub chez les moutons électriques, chez Kobobooks ou à la Fnac

ou en version papier chez Rivière Blanche

Et n’oubliez pas de visiter le site consacré à la collection Baskerville

Le complot contre l’Amérique – Philip ROTH

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Profitant de la popularité qu’il a acquise par ses exploits d’aviateur, Charles Lindbergh, membre éminent de l’organisation « America First » et admirateur des nazis, décide de se présenter en 1940 comme candidat à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de 1941. Élu par les républicains, il se présente face à Franklin Delano Roosevelt et remporte l’élection haut la main fondant sa campagne sur la non-intervention en Europe afin d’éviter de faire couler du sang américain.

Aussitôt en poste, Lindbergh proclame la neutralité des Etats-Unis. S’il ne va pas jusqu’à s’allier à Hitler et ses alliés, l’isolationnisme de l’Amérique profite aux Puissances de l’Axe, rendant les combats plus difficiles pour les alliés. Lindbergh façonne un gouvernement à son image, regroupant d’autres antisémites notoires tel Henry Ford, le célèbre constructeur automobile ou des non-interventionnistes comme Burton K. Wheeler.

Au travers des yeux d’un enfant juif, l’auteur nous présente une Amérique qui se retrouve face à ses démons, une Amérique de tous les contrastes, telles que nous la connaissons encore aujourd’hui, avec ses actes de générosité incroyables venant d’individus auxquels on ne s’attend pas et ses actes d’égoïsmes venant de personnes que l’on adulait, cette Amérique capable d’exploits fantastiques et de lâcheté incroyable, d’amour et de haine, de beauté et de laideur.

Alors que Lindbergh fait promulguer des lois qui obligent les juifs à se disperser à travers le pays et à accepter du travail dans des régions très éloignées de leur lieu de résidence, mettant en œuvre des programmes pour enseigner aux enfants juifs « l’American Way of life », nous assistons aux réactions de cette communauté juive, d’abord incrédule puis terrifiée de voir se développer une politique de type national-socialiste aux Etats-Unis. Lindbergh va jusqu’à recevoir Von Ribbentrop à la Maison Blanche.

Certains juifs décident de partir combattre les nazis en transitant par le Canada, d’autres comme le journaliste s’opposent ouvertement au nouveau régime alors que d’autres encore se rallient à celui-ci, choisissant d’ignorer le mépris affiché de ce gouvernement et prônant aux autres juifs d’accepter une forme d’assimilation. La grande majorité des juifs reste cependant plutôt passive devant les événements, subissant leur sort en silence.

La culpabilisation des juifs continue de s’accentuer, lorsqu’un beau jour, le président Lindbergh disparaît aux commandes de son avion personnel sans laisser de traces. Le vice-président tente de faire enfermer les leaders démocrates mais la femme de Linbergh y est opposé et parvient à émettre un message radiophonique dénonçant une tentative de coup d’état. Le vice-président est démis de ses fonctions, de nouvelles élections ont lieu et finalement, quand les Japonais attaquent Pearl Harbour, l’Histoire reprend son cours.


Ce roman est très réussi, le fait de suivre l’évolution des événements au travers des yeux d’un enfant (l’auteur lui-même) accentue l’atmosphère de crise, au fur et à mesure que la paranoïa s’installe chez l’enfant. L’évolution graduelle que l’auteur fait subir à la société américaine renforce la crédibilité de cette uchronie. L’Amérique ne bascule pas d’un coup vers un régime nazi déclaré, elle glisse petit à petit vers un régime plus autoritaire où certaines composantes de la population sont priées de s’intégrer plus, d’adopter les mœurs des «véritables américains». Cette dernière démarche peut être comparée avec ce qui se passe de nos jours en Europe occidentale, jusqu’à quel point doit-on/peut-on demander à  des immigrants de s’intégrer. A quel moment des demandes légitimes (telles que le respect des lois) basculent-elles vers des demandes moins légitimes, vers une tendance à l’intégration forcée.

Mon seul regret est, comme pour « autant en emporte le temps« , que l’auteur finalement retourne vers la trame historique comme s’il n’assumait pas juqu’au bout son uchronie.

Ma note personnelle: 17/20 – 15/20(pour l’uchronie coupable)
Philippe Roth – Le complot contre l’Amérique
Folio

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